L' Eclipse: journal hebdomadaire politique, satirique et illustré — 1.1868

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/ÉCLIPSE

prime d£ l'éclipsé

Toute personne qui enverra directement en

mandat ou timbres-poste au directeur du journal, o,
cité Bergère, à Paris, — le montant d'un abonne-
ment d'utn ail k l'Eclipsé, jouira des primes
ci-dessous énoncées, aux conditions suivantes :

1™ PRIME
Quarante-cinq charges d'And. Qîll:
L'Abonnement pour Paris avec cetle prime.
Pour les Départements.......

7fr. »
8 50

2» PRIME .
Un charmant portefeuille or et couleur, fabriqué spécia-
lement pour l'Ecllpse par la maison Susse, place de la
Bourse, et conteront dix ravissantes aquarelles par K.. de
Beàumont.

L'Abonnement pour Paris, avec cette prime 6fr. »
Pour les Départements " B

1» Avoir soin da bien indiquer celle ces deux primss qu'on

° ^L'abonnement, avec les deux primf a, coûte, pour Paris,
? fr., GO o. et pour les départements, 0 fr.

LES LANTERNES ILLUSTRES

Aujourd'hui,
Chers lecteurs,

A propos de la Lanterne de Henri Rocbofort,
Dont le succès prévu est êolatant,
J'ai l'intention,
Pardonnez-le moi,
De marcher sur les brisées,
Du grand,
De l'indispensable,
■ Du savant,
De l'êrudit,

TlMOTHÉE TRIMM,

Notre aimable,

Notre étincelant chroniqueur.

* *

Et remontant le cours des âges,

C'est-à-dire fouillant le passé

De fond en comble,

Je vais avoir ]e plaisir

De vous parler des lanternes,

Plus ou moins illustres,

Dont le souvenir est venu

Jusqu'à nous.

Fasse le ciel

Que votre humble serviteur,

Trompé par son zèle,

Ne prenne pas trop souvent

Les vessies... pour des lanternes.'

*

* *

L'origine de la lanterne se perd dans la nuit des temps. C'est à
cette nuit même qu'on doit sou invention. Cela se comprend de
reste, car on ne se sert pas de lanternes pendant le jour.

Et pourtant,

Diogène,

Un bâton d'une main, une lanterne allumée dans l'autre, en
plein midi, se promenait, sur la place publique,

Agora en grec,

En cherchant un homme.

C'est également en Grèce, par extension, qu'on a donné à un
petit monument d'architecture gracieuse, le nom de lanterne.

Au parc de Saint-Cloud,

Nous en possédons une imitation.

C'est par corruption que cette tourette, dite de Démosthénes, est
appelée lanterne de Biogène,

Par les visiteurs de cette propriété impériale, célèbre également
par ses mirlitons,

Et ses filets,

une consommation

* *
La Chine, et Venise, ont fait de tout
énorme de lanternes,
En papier,
En toile,
En verre,
En Gorne,
Etc., etc.

En France, on eut d'abord":
Le pot de feu: des étoupes au bout d'une perche,
Puis !e falot, grosse lanterne de toile portée au bout d'une
perche. .

Puis le réverbère.
Puis le bec de gaz,

*

* #

Rabelais, notre maître à tous,'mon vieux Rabelais, désignait
malicieusement le pays des lumières et de la philosophie sous le
nom de Lanterneis,

La Rochelle, foyer de la réforme^ était le lanternois par excel-
lence.

Plus tard, on appela lanternes :

Les fadaises,

Les balivernes,

Les bêtises sans conséquences,

Et môme les madrigaux.

*

* *

1 Pendant la Révolution, les lanternes, devenues réverbères
depuis M. de la Réynie, servirent,

Triste emploi,

A la pendaison des suspects e&cutis sôanco tenante par la
peuple.

Une chanson au refrain sinistre : le ça ira, restée dans la mé-
moire des hommes, le témoigne encore,

fc'a

Les lanternes les plus connues sont ensuite :

La lanterne sourde,

Dont les romanciers ont fait un si grand usage dans leurs
œuvres,

La lanterne magique, O

Adorée des enfants pour ses pièces curieuses. C'est le père Kîr-
cher qui l'inventa ;

La lanterne la plus utile,

Est la lampe de Davy,

Ou lampe des mineurs, entourée de toile métallique.

Au théâtre, deux lanternes sont célèbres :

Dans le Songe d'une nuit d'été, de W. Shakspeare, une aimpla
lanterne représente ; « la lune et ses cornes. » Elle joue si bien son
rôle, que les spectateurs lui crient : a Jfâen lui, fynel Vraiment, la
tune brille avec une bonne grâce parfaite ! »

Dans {'Amphitryon de Molière, Sosie, repassant le message
dont il est chargé, transforme, pour l'intelligence de son récit, sa
lanterne en personne vivante. —~'&M cette lanterne est Alcmene, »
dit-il.

* *

Sauf erreur, voilà à peu près toutes les lanternes importantes
que je voulais grouper ici.

Et maintenant,

Longue vie à la Lanterne d'Henri Roehefortl

Ce jeune homme qui réunit en lui les qualités de l'homme
d'esprit exigées pur Chamfort.

Car Chamfort a dit :

« Un homme d'esprit est perdu, s'il ne joint pas à Vesprit l'énergie
du caractère : Quand on a la lanterne de Diogène, il faut avoir aussi
son bâton,

Henri Rochefort tient à la main les objets demandés. II saura
s'en servir.

Le Cousin JacTques,

PHRASES PERDUES...

Décidément, la voiture de chemins de fer commence à prendre,
dans notre civilisation, une importance extrême. Ainsi le veu-
lent nos mœurs, faites de fièvres et d'effarements. Le temps est
peut-être proche— qui sait? — où le quart des populations élira
définitivement domicile dans ces maisons à huit roues ; n'est-ce
pas en cette prévision q\i'onles surélève déjà d'un étage? Comme
le ebassepot, l'Association fera merveille alors. Elle créera — ou
gréera—d'abord des trains de luxe : les millionnaires au milieu;
en tête et en queue la séquelle des fournisseurs et des gens. Tout

un quartier de ville, roulant de ci, de là au ■■■■■■'
jour ou des sollicitations du bien-être; l'hiver à TaC&Pr'ce3|]Q
ville, l'été. — Puis, s'organiseront les trains de tra "■?' *^rou"
do divers corps d'état, l'un par l'autre complètes * ^ .gr°uP^
bàliment : tailleurs de pierres, charpentiers, maçon 1°81'^'Is
menuisiers, serruriers et peintres, Braves gens nu' :C?UVre,ir3,
aux quatre points cardinaux, colportant la main-d'» Sen'rûnS,
frais communs, dans tous les cas, seront défrayés la 1 ^"""^
son entretien et le personnel, Quant aux rails Hr, .GorQ°tive,
parbleu! ' "' 0I*aiIle NliC]

s*
- * *
Je crois le progrès capable des combinaisons les ni
cadabrantes. Et, — selon la joli mot de Montaigne -_ ^ ^'
rait-on desplaisir de me déloger de cette créance. » '_ ni ^fe"
sent, du reste, le wagon a son histoire.—Que de choses ■ ^"
on apprendrait si les ingénieurs faisaient parler les Ûeu ^^
moquette; ces tapis, en effet, ceB cloisons, et ces coussins "a
bien de vaudevilles, comédies et drames ont-ils été Is'hiV^'
— Ici l'on aime : ici l'on natfc : ici l'on mmiff ., r.,.- „ ' tral

MX

m fait k

ment de train en marche, un mécanicien vient de se r^'"
Vous entendez cela d'ici : Le Mécanicien : « Mon père i ^'
cuse... — La Machine : Et ron ron petit pataponll —'oh* /^
pauvre diable, de vivre à la vapeur, même les minutes de - ^
devraient être le moins secouées ! — N'importe 1 ce fiaiK>i ■■ '
gérant, pour hâter son mariage, de conquérir l'absolution !""
deux gares, sans couper son service, me paraît doué d'une ' ^
niosité tout à fait recommandable.'Et ce bon ecclésiastimip '
consent à transformer son compartiment de première H
en tribunal de la pénitence! La concession n'est certes pasd'*
esprit routinier ; une telle indifférence en matière de form
me fait bien augurer du libéralisme de la censée. — àméric '
niame pur, des deux parts, en somme : Urne is money*

II
Tout serait donc pour le mieux, si certain journal n'avait
ébruité l'épisode. Tant pis ; car grâce à ce. bavardage, les choses
peuvent prendre une vilaine tournure. Pour s'agenouiller en ef-
fet, devant le ministre voyageur de Dieu, le pénitent a dû né-
cessairement — quittant sen poste — abandonner au cbauffeurla
direction de la machine. Or, l'absence du mécanicien — ne du-
rât-elle que 5 minutes, — constitue la plus grave infraction au
règlement qui régit la matière. Et le délinquant est, tout net
cassé aux gages. Pas de recours possible. Donc, si cette confes-'
sisn n'est pas apocryphe, c'est-à-dire b'U y a véritablement faute
de la part de l'employé, il y a — non moins véritablement- dé-
lation de la part du journaliste. Délation inconsciente, cela s'en-
tend, mais délation.

* *
■ Par suite, vingt lignes de prose, rapportant à leur auteur use
somme de 5 francs — prix fort — peuvent avoir coûté à l'indi-
vidu qu'elles immortalisent un minimum de 3,000 francs —taux
de l'emploi. Triste révélation pour le rédacteur. Il en aéra certes
profondément navré. La belle compensation pour la victlmel-
Chaque jour amène, en journalisme, des légèretés do môme na-
ture. Chasseur diligent, on met dans son fusil tout le plomb dont
ou dispose — au lieu d'en garder un peu pour satflte. —Puis,
quelque chose grouille, là-bas, à portée — et l'on tire... A I'ë-,
tourdie : Pif! paf! — Qu'est-ce? un lapin? — Nos! un pay-
san ! — Le chasseur se désespère. Ouil... mais le tué reste mort.
Déplorable maladressa qui fournissent des arguments sans répli-
que aux ennemis jurés de notre indépendance, — Pour mon
compte, je le déclare sans embarras, — moi, l'amoureux fonde
toutes les libertés — je na saurais que répondre à qui viendrait
me dire : la première pierre du mur-Guilloutet, c'est la presse
elle-même qui l'a posée! «

Jules Dsmwthk.

GENS DU NORD

À mon frêWt
Ma foi, tant pis!Tout le monde, cette semaine, étant allf m
villégiature, quelque part, ceux-ci à Chatou, ceux-là au Havrii»
Grâce, j'ai voulu, moi aussi, au moins par la pensés, sortir m
instant de la capitale brûlante, et voir par les yeux de Itspn
autre chose que dos visages parisiens ruisselants de sueur,

Dono, ie suis retourné dans le Nord, pendant bien cinq m,"
mites. J'y ai vécu de la vie d'autrefois. Des tableaux ans w
palis ont passé de nouveau'devant mon regard. Des «am
biles, effacés, sont revenus à ma mémoire. Tout a repris
forme, des couleurs, nettes, brillantes, _ i

El, si voub le permettez, je me propose do vous mira ur

LES AMOURS DU FUSILIER MIDOU (suite) par GÉDÊON.

Et dans la froide boîte à punai-
ses, Mirtou chercha longtemps
jee que pouvait bien être la
f:_ volupeté.

Bridet, heureusement, lui expli-
qua péremptoirement la chose.

Dieu, je connais
que l'ameui' de

Que pour loi'p, sur les conseils de
Bndel, je courus acheter sur
les quais XAmour conjugal.

Ce petit, livre m'ouvrit
les yeux.



n'osai.?»1
Objekt
Titel: L' Eclipse: journal hebdomadaire politique, satirique et illustré
Detail/Element: Les amours du fusilier Midou (suite) - par Gédéon
Künstler/Urheber: Gédéon  i
Inv.Nr./Signatur: Truebner 2
Aufbewahrungsort: Universitätsbibliothek Heidelberg  i
Schlagwort: Frankreich  i
Mann <Motiv>  i
Satirische Zeitschrift  i
Frau <Motiv>  i
Karikatur  i
Gebet  i
Wanzen  i
Vergnügen  i
Liebe  i
Infanterist <Motiv>  i
Lesen <Motiv>  i
Soldat <Motiv>  i
Uniform <Motiv>  i
Schlagwort Liste: Second Empire
Beschreibung: Bildunterschrift:
"Et dans la froide boîte à punaises, Midou chercha longtemps ce que pouvait bien être la volupeté"
"Bridet, heureusement, lui expliqua péremptoirement la chose"
"- Merci, mon Dieu, je connais ce que ça gné que l'ameur de la volupeté!"
"Que pour lors, sur les conseils de Bridet, je courus acheter sur les quais l'Amour conjugal"
"Ce petit livre m'ouvrit les yeux"
"Je me mis à touraiquer autour des nourr ces, mais je gn'osais pas!"

Signatur: "G"
Herstellungsort: Paris  i
Bildnachweis: L' Eclipse: journal hebdomadaire politique, satirique et illustré, 1.1868, Nr. 20, S. 86_2
Aufnahme/Reproduktion
Urheber: Universitätsbibliothek Heidelberg  i
HeidICON-Pool: UB Französische Karikaturen  i
Copyright: Universitätsbibliothek Heidelberg
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