Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 1.1859

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UT PIC TU H A MUSICA

0 a fera quelque j our
un livre sur le paral-
lèle de la peinture et
de la musique. Mais
aujourd'hui, traitant
pour la première fois
une question toute
neuve, nous nous con-
tenterons d'indiquer
les points intéressants

de comparaison entre ces deux arts, tels qu'ils nous apparaissent dans
leur histoire et leurs développements.

]Nous n'irons pas les prendre jusque dans l'antiquité. Que savons-nous,
hélas! de la peinture et de la musique des anciens? Pour monuments de
l'une, il nous reste seulement, avec les descriptions de Pausanias, de Pline
et de Lucien, quelques mosaïques, imparfaites copies de tableaux, quelques
dessins monochromes sur marbre ou sur pierre, les arabesques des Bains
de Titus ou du Sépulcre des Nasons, enfin ce qu'on nomme improprement
les fresques de Pompéi, simples décorations de maisons bourgeoises à cin-
quante lieues de Rome. Quant aux monuments cle la musique des Grecs,
ils ont tous péri, et les plus savants hellénistes de l'Allemagne en sont
encore réduits à disserter dans le vide sur les modes phrygien, ionien,
dorien, sans réussir à les faire comprendre, et probablement sans les
comprendre eux-mêmes davantage.

Toute base manque donc à une comparaison entre la peinture et la
musique dans l'antiquité. On ne peut songer à l'établir qu'à partir du
moyen âge moderne.

L< s Grecs anciens avaient bien transmis aux Byzantins les procédés
de l'art de peindre* mais non l'art lui-même, qui ne fut, sous ]a main des
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