Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 5. Pér. 1.1920

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ALFRED ROLL 107

Iraient et qu’un faiseur de mauvais calembourgs avait dénommé des « pris de
rhum », si stricte qu’y fût la carte des vins et liqueurs, sous le fallacieux
prétexte qu’on n’y avait vu aucun grand prix de Rome, renseignement
démenti d’ailleurs par la présence de Vaudremer, André Messager et Besnaid ,
voyage d’un groupe d’artistes français, hôtes du brasseur Jacobsen à 1 Expo-
sition de Copenhague (1888), fertile en incidents pittoresques, dont un que
me rappelait Roll et qui eut un grand succès de rire : Faiguière enveloppé
d un ample manteau et jouant sur le pont du bateau où nous roulions en 'vue
d’Elseneur la grande scène d'Hamiet ; — débuts orageux de la Nationale à
l’ancien « Champ-de-Mars »..., et nous parlâmes aussi de tant de deuils
récents, de la mort qui l’avait déjà frôlé, dont il avait plus d une lois senti
l’approche, età laquelle il préparait, sans vaine fanfaronnade, un accueil giave
et souriant de courtoisie stoïque.

Avant de nous séparer, il voulut me montrer dans 1 atelier le deiniei
fragment de la grande décoration du Petit-Palais qu il achevait a peine et
à laquelle il avait travaillé avec passion en dépit des défaillances déplus en

plus fréquentes de ses forces et de sa santé.

Et maintenant le livre est clos. J’ai à résumer et à caractétiseï sa vie et
son œuvre, pour les lecteurs de cette Gazette où si souvent, au couis des
Salons, il fut question de lui, où j’ai moi-même plus d une fois été appelé à
parler de quelques-uns de ses plus importants travaux, non sans quel
ques réserves çà et là ; mais il était de ceux qui ne demandent, pas plus
qu’ils n’adressent à leurs amis des compliments de complaisance. Sa piobité
d’artiste comme sa dignité d’homme lut exemplaire, en un temps où le ca ro
tinage, la réclame foraine, la dégradante intervention des maichan s ans
les rapports de l’art et de la critique, ont tant contribué à l’abaissement des
mœurs professionnelles.

*

Sa vie? Elle fut simple et tout unie ; les chroniqueurs mondains qu il ne
recherchait pas n’y trouvèrent jamais matière à abondante copie. Rappe 0
seulement en deux mots ce qui peut intéresser sa formation artistique. Fi s
d un fabricant de meubles d’ascendance normande, transplanté à a'C1*1
en Alsace, puis établi à Paris, Alfred Roll, né le 1 mais 1 4
d’abord destiné à continuer l’industrie paternelle. Ses études fuient 01
tées, du collège Chaptal à l’apprentissage, en vue de cette préparation
nique. On lui apprit tous les éléments du métier et plus un meu e }
être fabriqué par le père sur les dessins du fils. Mais l’ambition d etre peintre
s’éveilla de bonne heure chez lui. 11 était chez Ilarpigmes quand éclata la
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