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Le Journal d'Abou Naddara = Abū Naẓẓāra = The Man with the Glasses = garīdat abī naẓẓāra = The Journal of the Man with the Glasses = Journal Oriental Illustré — Paris, 1888

DOI issue:
Issue 11 (28.11.1888)
DOI Page / Citation link: 
https://doi.org/10.11588/diglit.56658#0037
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VENTE SECRÉTE DE DÂB0(jftA1)DAI^

12^eANMEE._N?11. 23 NOVEMBRE 1ôÔb

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Mi/m Bou Bbmrra]^
6, Rue (iïolfroy-MariB.6, PARIS. '

A dater de. ce jour, nous commençons une série de portraits des
partisans reconnus de notre cause, sans distinction de nationalité.
Aujourd’hui nous présentons à nos lecteurs M. Coint-Bavarot, cet
ami dévoué et ce défenseur intrépide de l'Egypte et des pays orientaux.
Cet éminent compatriote de Soliman Pacha a droit à une place toute
spéciale dans notre feuille ; car, après tant de marques de sympathie
pour notre cause, il s’emploie encore, en ce moment, à organiser une

UN CITOYEN LYONNAIS
r,OIÎ<T”BAVAROT, Économiste
Lyon est ru bout du monde ; c’est un fait,
connu. Quelques voyageurs le placent entre
Tokio et Tombouctou, mais peu 'de personnes
l'ont vu. ïaplupart des Parisiens l’iguorent. Un
poète, sionpeut ajouter foiaux récits de cette es-
pèce de gens, a écrit, en vers, que la Ville est bâtie
entre deux ruisseaux, qu’elle a des huttes en
tin moellon, des magasins, des palais, des
théâtres, des tribunaux, des naturels dont le
type va de Maritorne à Vénus, et enfin ;
Des fats choyés, des cœurs trahis,
Du rire en deuil, du deuil en fête,
Et pas mal d’esprits enfouis.
Non plus qu’ailleurs, dans ce pays,
Nul n’est prophète.
Un de ces derniers, un des plus dignes, des
plus méritants et dès plus méconnus est, en
première ligne, notre ami Coint-Bavarot,
humble abeille de cette ruche immense, ai-
mable et vaillant travailleur perdu dans la
foule dont rien ne le distingue, pas même le
petit liséré rouge que tant de gens ont à leur
habit. On ne l’a "mis, ni de la Chambre de
Commerce, ni du Conseil municipal ; mais il
est de toutes les Sociétés savantes.
Ah I non, pas de toutes. De même qu'il
n’est pas du Conseil municipal, il n’est pas de
l’Académie. C’est fâcheux! Mais il vit quand
même.
U est négociant, cité parmi les plus probes
et les plus estimés ; il jouit d’une large ai-
sance. Il a été quelque peu poète dans sa jeu-
nesse. On le lui a pardonné, mais il lui en est
resté de savoir élégamment écrire en prose.
Il est publiciste, économiste, et la classe
ouvrière n’agite pas une question qu’il ne la
connaisse à fond. •
Il a écrit des articles de premier ordre, dans
toutes sortes de journaux, le plus souvent sans
les signer, A quoi bon ?il ne tient qu’à l’estime,
pas à la gloire. On lui doit des études impor-
tantes sur plusieurs sujets, il a reconnu comme
siens les travaux suivants :
Les Monnaies d’Europe et l’Union moné-
taire. Lyon, Pitrat, 1885, in-8 et Le Régime
monétaire actuel et sa réforme. Lyon, 1886,
in-8.
11 est président d’une feule de Sociétés de
bienfaisance et, dans Lyon, si sa personnalité
n’est jamais en évidence, on sent partout sa
présence occulte, son souffle vivifiant, surtout
là où on fait le bien.

O

grande réunion ou meeting à Lyon, où notre directeur et rédacteur
en chef, Ab ou Naddara, doit faire une conférence sur les affaires de
l'Egypte et la guerre du Soudan. M. Aimé Vingtrinier, conservateur
de la grande bibliothèque de Lyon, sollicité par nous, a bien voulu, de
sa plumé entraînante et pleine de verve, nous tracer quelques notes
biographiques assez succinctes pour le cadre restreint de notre journal.
La Rédaction.
Où n’est-il pas allé ? Il a visité toute l’Europe,
comme négociant, touriste, observateur, écono-
miste, administrateur. Il est libéral; il aime
l’humanité; il voit le monde, hommes et choses,
de haut, avec des idées larges et grandes ; mais
il a des illusions. Il a fait un rêve dont il a de
la peine à s’éveiller, malgré les secousses qu’il
reçoit et qui devraient lui ouvrir les yeux.
Il rêve la paix universelle, l’union des peuples,
la fraternité des gouvernants et des gouvernés,
l’association dans l’amour et le travail «de la
Prusse et de la Russie, de l’Italie'et de la France,
de l’Egypte et de l’Angleterre. Il est de IMfniqp
Médiiéranéenne ! utopie sublime, lancée par
un autre lyonnais, MarcGromier, mais utopie
au premier chef, qui voudrait souder dans un
Zolfverein pacifique et cordial, tous les peuples
qui entourent la Méditerranée, avec un seul
intérêt, une seule monnaie, un seul poids, un
seul almanach, une seule douane, en conser-
vant à part la langue et la nationalité; en un
mot, une vaste république, fondée sur l’amour.
O mes amis ! Armez vos flottes et fondez des
canons î Je crois qu’il est un homme qui vou-
drait vous voir vous embrasser I
En attendant, cet homme a fait un_ grand
pas. Il a lancé une autre entreprise qui pour-
rait bien, plus tard, nous conduire à la pre-
mière. Il a prôné et fait admettre la Création
des Chambres 'de Commerce françaises, à
l’étranger.
Quel chêne immense naîtra de ce petit gland
qui ne paraissait rien quand on l’a planté, et
qui donne déjà de si magnifiques résultats?
Le projet a été présenté. Les statuts en ont
été tracée par le maître, mais les a-t-il si-
gnés ? Sait-on que c’est à lui qu’on les doit?.
Lui en sait-on gré? J’en doute. Aujourd’hui, ce-
pendant, trente-six Chambres de Commerce fran-
çaises fonctionnent au loin sous le drapeau dè
la France, et nos consuls s’emploient avec un
zèle ardent à favoriser tout ce qui peut éten-
dre, développer, faire épanouir la richesse,
l'influence et la prépondérance de notre cher
et beau pays.
M. Coint-Bavarot est né à Lyon, le 23 oc-
tobre 1820. Sa famille est ancienne dans la
ville natale. Elle y a joui de la plus haute
considération. Entre les mains de cet homme
de bien, entre les mains de ses fils, cette
honorabilité ne fera que grandir et se fortifier,
sans souci et même en dehors de toute
gloire, de tout bruit, de toute récompense, de
toute popularité.
Ahl si Paris le connaissait!
Aimé ViNGTRnuER.
Lyon, 8 novembre 1888.
 
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