Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Bearb.]; Haas, Wilhelm [Bearb.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Quatrieme = Theatre, Tome IV): Theatre — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen. Avec des caractères de G. Haas, 1784 [VD18 90793277]

Seite: 315
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ACTE TROISIEME. 315
Ah! demeurez, Octar, je me crains, je m'ignore:
11 nie faut un ami, je n’en eus point encore ;
Mon cœur en a besoin.
OCTAR.
Puisqu’il faut vous parler.
S’il est des ennemis qu’on vous doive immoler,
Si vous voulez couper d’une race odieuse ,
Dans ses derniers rameaux, la tige dangereuse,
Précipitez sa perte ; il faut que la rigueur,
Trop nécessaire appui du trône d’un vainqueur ,
Frappe sans intervalle un coup sur et rapide.
C’est un torrent qui passe en son cours homicide.
Le temps ramène l’ordre et la tranquillité.
Le peuple se façonne à la docilité.
De ses premiers malheurs l’image est affaiblie ;
Bientôt il les pardonne , et même il les oublie.
Mais lorsque goutte à goutte on fait couler le sang,
Qu’on ferme avec lenteur, et qu’on rouvre le ssanc,
Que les jours renaissans ramènent le carnage,
Le désespoir tient lieu de force et de courage ,
Et fait d’un peuple faible un peuple d’ennemis ,
D’autant plus dangereux qu’ils étaient plus sournis.
G E N G I S.
Quoi! c’est cette Idamé ! quoi! c’est-là cette esclave!
Quoi ! l’hymen l’a soumise au mortel qui me brave !
OCTAR.
Je conçois que pour elle il n’est point de pitié;
Vous ne lui devez plus que votre inimitié.
Cet amour, dites-vous, qui vous toucha pour elle,
Fut d’un feu passager la légère étincelle.
Ses imprudens refus, la colère et le temps
En ont éteint dans vous les restes languissans.

I
A
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