Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Vingtieme = Siecle De Louis XIV., Tome I): Siecle De Louis XIV. — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen, Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90794249]

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4*8 JACQUES II PROTEGE
aux habitans la famine et la mort. Enfin le .prêtre
contraignit le roi de lever le siége.
„ , Cette première disgrace en Irlande fut bientôt
la Boine qui suivie d’un plus grand malheur. Guillaume arriva et
assureie trô- arcpa jUR La rjvJère de Boine était entr’eux.
ne à Guil- , . v ,
laume. Guillaume entreprend de la franchir a la vue de 1 en-
ii juillet nemi. Elle était à peine guéable en trois endroits.
l690- La cavalerie passa à la nage, l’infanterie était dans
l’eau jusqu’aux épaules ; mais à l’autre bord il fallait
encore traverser un marais ; ensuite on trouvait un
terrain escarpé qui formait un retranchement naturel.
Le roi Guillaume fit palier son armée en trois endroits,
et engagea la bataille. Les Irlandais , que nous avons
vus de li bons soldats en France et en Espagne , ont
toujours mal combattu chez eux. Il y a des nations ,
dont l’une semble faite pour être soumise à l’autre.
Les Anglais ont toujours eu sur les Irlandais la supé-
riorité du génie , des richesses et des armes. (24)
' Jamais l’Irlande n’apu secouer lejoug de l’Angleterre,
depuis qu’un simple seigneur anglais la subjugua. Les
Français combattirent à la journée de la Boine : les
Irlandais s’enfuirent. Leur roi,Jacques , n’ayant paru
dans l’engagement ni à la tête des Français ni à la
tête des Irlandais, se retira le premier. ( 25 ) Il avait
(24) On lisait dans les premières éditions la fupériorité que les blancs ont
sur les nègres. M. de Voltaire essaça cette expression injurieuse. L’état pres-
que sauvage où était l’Irlande lorsqu’elle fut tonquise, la superstition ,
l’oppression exercée par les Anglais, le fanatisme religieux qui divise les
Irlandais en deux nations ennemies; telles sont les causes qui ont retenu
ce peuple dans l’abaisTement et dans la faiblessè. Les haines religieuses se
sont assoupies, et il a repris sa liberté. Les Irlandais ne le cèdent plus aux
Anglais ni en industrie ni en lumières.
(25) Les nouveaux mémoires de Eerwick disent le contraire ; mais
plusieurs historiens , et entr'autres le chevalier à'Alrymple , sont d’accord
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