Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Vingtieme = Siecle De Louis XIV., Tome I): Siecle De Louis XIV. — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen, Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90794249]

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448 BATAILLE DE STEINKERQUE.
Le roi Guillaume, ayant perdu environ scpt mille
hommes , se retira avec autant d’ordre qu’il avait
attaqué ; et toujours vaincu, mais toujours à craindre,
il tint encore la campagne. La victoire , due à la
valeur de tous ces jeunes princes et de la plus ssoris-
sante noblesse du royaume, fit à la cour, à Paris
et dans les provinces , un effet qu’aucune bataille
gagnée n’avait fait encore.
1VL le Duc, le prince de Conti, JVHVT. de Vendôme
et leurs amis trouvaient, en s’en retournant, les
chemins bordés de peuple. Les acclamations et la
joie allaient jusqu’à la démence. Toutes les femmes
s’empressaient d’attirer leurs regards. Les hommes
portaient alors des cravates de dentelle , qu’on
arrangeait avec assez de peine et de temps. Les
princes s’étant habillés avec précipation pour le
combat , avaient passé négligemment ces cravates
autour du cou : les femmes portèrent des ornemens
faits sur ce modèle ; on les appela des Steinkerques.
Toutes les bijouteries nouvelles étaient à la sie in-
kerque. Un jeune homme qui s’était trouvé à cette
bataille était regardé avec empressement. Le peuple
s’attroupait par - tout autour des princes ; on les
aimait d’autant plus que leur faveur à la cour n’était
pas égale à leur gloire.
Ce fut à cette bataille qu’on perdit le jeune prince
de Turenne, neveu du héros tué en Allemagne; il
donnait déjà des espérances d’égaler son oncle. Ses
grâces et son esprit l’avaient rendu cher à la ville,
à la cour et à l’armée.
Le général » en rendant compte au roi de cette
bataille
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