L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 2)

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NOTRE BIBLIOTHÈQUE. H7

Henri VIII : le peintre ne nous a laissé de ce prince qu'une miniature appartenant aujourd'hui au
comte Spencer.

De Jane Seymour, nous avons le beau portrait qui se trouve au Belvédère de Vienne. Après la
mort de cette malheureuse, Henri VIII, qui ne voulait pas que le lit royal chômât, envoya Holbein
en basse Bourgogne pour y prendre le portrait de Christine, hlle du roi de Danemark et veuve de
François Sforza. La princesse ne voulut ou ne put poser que trois heures devant le peintre; ce temps
lui suffit pour achever une esquisse merveilleuse qui se voit à Windsor, et sur cette esquisse il peignit
ensuite un portrait « pour la grandeur, la franchise, la simplicité séduisante, une des plus frappantes
peintures qui soient sorties de la main humaine ». La charmante duchesse déclina le dangereux
honneur qui lui était offert; on raconte qu'elle répondit : « Je n'ai qu'une tête ; si j'en avais deux, j'en
mettrais une à la disposition de Sa Majest '.. »

A. G E NE VA Y.

(La f n au prochain numéro.)

NOTRE BIBLIOTHÈQUE

ayant la prérogative de symboliser d'une manière générale le
royaume? Les recherches de M. Desjardins l'ont conduit à se
convaincre que, depuis le xin° siècle, le seul emblème qui ait
eu ce privilège fut ce qu'on appelait la Bannière de France. « Sa
couleur était bleue, dit-il. Sur le fond se voyaient, peintes ou
brodées, tantôt trois fleurs de lis, tantôt des fleurs de lis sans
nombre. On l'arbora sur le champ de bataille jusque sous
Henri IV. Depuis lors il ne parut plus que dans certaines cérémo-
nies, et il tomba en désuétude après la mort de Louis XIV. » A
ce drapeau de la monarchie vint se joindre, à partir du xive siècle,
les couleurs du roi : livrée rouge, blanche et bleue, qui de
l'écusson passa aux vêtements des soldats et aux étendards. Sauf
ces marques emblématiques, on ne trouve pas avant la Révolu-
tion l'enseigne uniforme, universelle, obligatoire que nous appe-
lons drapeau national.

L'ouvrage de M. Gustave Desjardins est accompagné d'un
grand nombre de figures coloriées. C'est là que triomphe la
chromolithographie. Elle n'a pas la prétention de rendre le mou-
vement de la vie et de parler le langage de la passion : elle se
contente de rendre avec éclat, sans intention de sentiment, la
richesse des tons. C'est son rôle.

Victor Champier.

XXIV.

RF.CTÎFRCIIES SUR LES DRAPEAUX FRANÇAIS,
par (.USTAVE DESJARDINS, 1874, gr. in-8°. Ve A. Morel, édit.

^^Ti a couleur de notre drapeau avant 1789 a donné
lieu à des discussions qui ont emprunté aux événe-
( ments politiques de ces derniers temps un vif inté-
MjjÇfjJ rêt. De gros volumes ont été publiés sur cette
^~£)j question, ne démontrant qu'une chose, c'est qu'elle

esc plus obscure qu'on ne le pensait, et que, depuis le moyen
âge jusqu'à la Révolution, la France n'a pas eu, à proprement
parler, de drapeau national.

C'est ce que les travaux de M. Gustave Desjardins ont démontre
d'une façon péremptoire. Son livre est un des plus complets qui
aient traité cette matière, et les nombreuses et magnifiques
planches dont il est orné, en lui donnant ce cachet de luxe que pos-
sèdent la plupart des ouvrages sortis de la maison Morel, rendent
faciles les comparaisons et donnent de l'attrait à une étude par
elle-même aride.

Dans un tableau dressé au xvmc siècle de tous les drapeaux,
étendards, pavillons et guidons de la France, on trouve cent
soixante-huit types différents. En existait-il un seul dans le nombre
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