L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 2)

Seite: 93
DOI Artikel: DOI Artikel: DOI Seite: Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/art1875_2/0104
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
0.5
1 cm
facsimile
CHRONIQUE ÉTRANGÈRE.

93

En rentrant chez moi, je modelai immédiatement une petite
terre d'après mon croquis, afin de mieux le reprendre dans a
soirée en le passant à l'encre.

Je vous envoie ce dessin comme une primeur. Le buste est
grand comme nature, il est entièrement lustré, à l'exception de
la barbe et des cheveux qui sont ciselés comme un bronze et
rendus blonds par la patine que la terre a donnée à ces parties
non polies. L'œuvre est intacte, à l'exception de deux des doigts
de la main qui tient les pommes ; on dirait une création d'hier.

La base, ravissante de légèreté, représente deux Victoires sup-
portant deux cornes d'abondance encadrant un écusson où se voit
une tête de Méduse. Cet écusson repose sur un globe. Une des
Victoires est intacte, moins la tête; quant à l'autre, il n'en existe
que les pieds. ' .

C'est à l'Esquilin qu'a été découverte cette merveille, en

novembre dernier. On dirait un ouvrage du temps de Sixte-
Quint. Ce n'est pas d'ailleurs la première fois que je constate
cette analogie entre les productions de l'époque des Antonin et
celle du grand pape. — Décadence! — Soit, mais décadence qui
succède à de si grandes, de si nobles, de si belles choses, qu'il
reste de celles-ci mieux qu'un reflet dans les œuvres qui vien-
nent immédiatement après elles.

Ce Commode devait être appliqué contre un mur et soutenu,
car sa base délicate (orfèvrerie plutôt que sculpture) eût été
trop faible pour le maintenir. En le restaurant, on l'a consolidé par
derrière au moyen de barres de fer que je vous indique.

C'est le seul portrait intact connu de l'empereur Commode,
et par conséquent, sous tous rapports, une trouvaille exception-
nellement précieuse.

P. d'Epinay.

CHRONIQU:

Angleterre.—Une série intéressante de mosaïques en papier,
d'après les premières œuvres chrétiennes en mosaïque à Rome,
Ravenne et Venise, vient d'être placée sur les murs de la cour
nord duSouth Kensington Muséum. Ces impressions en papier des
mosaïques sont prises, paraît-il, à peu près de la même façon que
les frottis des cuivres et .sont après coloriées à la main. Elles
'donnent certainement une très-bonne idée des originaux. Dans le
nombre, on remarque les mosaïques bien connues de l'église de
Saint-Vitale, à Ravenne, attribuées au vi" siècle et représentant
l'empereur Justinien et sa cour, l'impératrice Théodora et sa
cour. Quoique ces œuvres remarquables aient été popularisées
par les illustrations, on est stupéfait de les voir sur les-murs de
South Kensington, tant leurs dimensions sont énormes. Chacune
mesure plus de 8 pieds en hauteur, sur 12, 7 1/2 et 8 1/2 pieds
de large. D'autres mosaïques représentent : Abraham et les
anges, de l'église Sainte-Marie-Majeure à Rome ; la figure de
sainte Agnès, de l'église de cette sainte à Rome ; saintes Agnès,
Pudentiana et Praxedes, sur fond d'or aux bords diaprés, pro-
venant de Santa Prassede, à Rome; saints Jean, André et Jac-
ques, de la même église; la figure d'Isaïe (xir* siècle), de la basi-
lique de San Clemense; la naissance de la Vierge, par Pietro
Cavallini (xive siècle), et un médaillon très-curieux représentant
le Christ assis entre deux captifs, dont l'un, un nègre, avec
l'inscription: u Signum ordinis sanctx Trinitatis et captivorum, »
exécuté par Jacobus Cosmato et son fils sur le chemin de la grille
du monastère de la Trinité, à Rome.

— La belle collection chronologique de dentelles exposée
l'année dernière à l'exposition internationale par M. Dupont-
Auberville vient d'être achetée par un particulier qui en fait don
au musée de dentelles de Nottingham.

— L'Art et la Chaire. — L'évêque de Lincoln a terminé par
une conférence sur l'art une série de lectures-sermons qu'il a
données à Saint-James Piccadilly, sur les usages et les abus de
ce monde. Le Builder, qui résume cet entretien, dit que l'évêque
a parlé en termes enthousiastes de peinture, d'architecture et de
sculpture. Il a soutenu cette thèse, que pour être un véritable artiste,
il faut être honnête homme ; mats le prélat ne s'est pas borné à des
développements sur ce thème moral imité du Vir bonus di-
cendi peritus. Passant à des questions plus pratiques, il a
émis le vœu qu'on donne aux étudiants et aux jeunes artistes

i plus de facilités pour voyager, fréquenter les musées, et entendre
de ces conférences artistiques comme celles que sir Joshua Rey-
nolds donnait jadis à la Royal Academy. Il a dénoncé les
hideuses et démoralisantes illustrations qui déshonorent un grand
nombre de livres d'école.

— La collection d'anciennes pierres gravées provenant du
duc de Marlborough, souvent exposée en Angleterre, notamment

i ÉTRANGÈRE

20 mai 187J.

• au South Kensington Muséum, sera vendue au mois de juin pro-
chain chez Christie et Mason, à Londres.

— Le 8 mai, le duc d'Edimbourg a présidé, à Londres, un
banquet qui s'est terminé par une collecte au profit du fonds des
enfants orphelins d'artistes, séparé depuis quatre ans de l'institu-
tion générale de bienfaisance en faveur des artistes malheureux.
Une somme,de 6,634 livres sterling a'été recueillie. Le total des
sommes recueillies depuis 1871 est de 20,117 livres st., conver-
ties en obligations de chemins de fer. Déjà le comité a pu pour-
voir, partiellement ou complètement, à l'entretien et à l'éducation
d'une cinquantaine d'orphelins, enfants d'artistes.

Autriche. — Vienne a ouvert, au commencement de ce
mois, sa sixième grande exposition annuelle de peinture. Le cata-
logue ne comprend que 460 numéros, dont une centaine d'œuvres
non autrichiennes. Munich a une cinquantaine d'envois. Paris
n'a rien. D'après les journaux allemands, la perle de l'exposition
est un tableau de M. Hans Makart : CUopàtre dans sa barque
royale sur le Nil.

— Le 9 mai a eu lieu, à Vienne, la pose de la première
pierre du monument commémoratif de Schiller.

Belgique. — La seizième exposition annuelle de la Société
royale belge des Aquarellistes s'est ouverte le 15 mai, à Bruxelles,
dans la salle du palais ducal, en présence du Roi et de la Reine.
Sans dépasser le niveau moyen des expositions précédentes, ce
petit salon de 157 cadres est agréable et intéressant. Voici les
œuvres les plus remarquées .:

Aug. ALLEBÉ (Amsterdam) . . Le Bassin des p/wques.

Bosboom (La Haye).....Étable.

Cabianca (Rome).......Le Nouvelliste florentin.

Cipriani (Rome).......L,i Méditation.

A. CluyseNAAR (Bruxelles) . . Études de têtes.

Tu. Danby (Londres).....Le Coin favori du pécheur.

De Famars Testas (Bruxelles). A la porte d'un palais, au Caire.

Gabriel (Bruxelles)......Paysage, vue de Hollande.

Harpignies (Paris)......La Vallée de VAumance.

HERKOMER (Londres).....Le Pèlerinage.

A. Hubert (Bruxelles). . . . Le Pansage.

Huberti (Bruxelles)......Paysage d'automne.

E. ISABEY (Paris).......Un Retour de tournoi.

J. Jacquemart (Paris).....Cannes et Menton.

E. Kathelin (Bruxelles). . . . Intérieur de synagogue.

Madou (Bruxelles)......Le Railleur.

J. MARIS (La Haye).....Vues d'Amsterdam.

W. Maris (La Haye).....Au bord d'un fossé.

W. martens (Rome).....L'Eglise Saint-Marc à Venise

Micius (Milan)........Une Affaire très-difficile.

ROCHUSSEN (Rotterdam). . . . Entrée de Jacqueline de Bavière à

Gorcum. '
loading ...