L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 2)

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LE MUSÉE NATIONAL DU LOUVRE

ET LA NOTE DE M. F. REISET

(suite1.)

IL

ien n'est moins excessif que la réclamation du Louvre :

« Ce que nous voudrions pouvoir obtenir, c'est le perfectionnement
de ce qui existe, l'utile, le nécessaire. Le superflu viendra en son temps.

« Nous demandons la permission de parler librement et sincè-
rement, et nous n'avons, Dieu merci, rien à dire de blessant pour
qui que ce soit. Est-il besoin d'ajouter que ces lignes n'engagent
que celui qui les écrit? C'est un vieux et dévoué serviteur du
Louvre qui plaide non pro domo sua, mais pour la cause de tous,
pour ce qui appartient à tous. Si les artistes et les amis des arts
qui viennent si souvent lui parler de leurs vœux les plus chers, et
s'en retournent en déplorant leur commune impuissance, si tous l'aident et le soutiennent, peut-être
ceux qui, placés aux divers échelons de la hiérarchie, ont le droit et le pouvoir de trancher ces
questions, se laisseront-ils toucher; peut-être transformeront-ils tant de rêves en vivantes réalités. »

C'est en ces termes modérés et touchants que s'exprime M. F. Reiset, l'ancien conservateur
du Musée de peinture, aujourd'hui Directeur des Musées nationaux. Examinons les points qu'il
signale dans sa Note et nous verrons que les demandes faites à la Chambre sont justifiées et qu'il
y a urgence à remédier à un état de choses qui est véritablement compromettant pour l'honneur
de nos Musées et les intérêts qui s'y rattachent.

Les améliorations que le Directeur réclame comme absolument urgentes sont de deux sortes :
celles qu'il convient d'apporter dans le service et les aménagements des Galeries d'exposition, et
celles qui touchent à la grave question des acquisitions destinées à augmenter l'importance de nos
collections.

La Direction du Musée du Louvre comprend cinq grandes divisions ou Conservations (Peinture,
— Antiques, — Renaissance, — Musée égyptien, — Musée de marine), dont les collections sont
exposées dans Cent Seize salles, non compris les paliers et les grands escaliers, et en comptant
les cinq travées de la Galerie du bord de l'eau pour une seule salle. Ce chiffre, qui occasionnera
quelque surprise à beaucoup de nos lecteurs, les étonnera bien plus encore, lorsque, traduisant en
bonnes mesures bien comptées l'espace linéaire à parcourir pour traverser ces salles, nous
leur apprendrons qu'ils auraient à faire 2,479 mètres de promenade! Or toutes ces pièces doivent
être frottées, balayées, époussetées, chauffées et surveillées tous les jours ; car le Palais reçoit une
quantité de visiteurs et un grand nombre de copistes et d'élèves. Si l'on songe qu'en dehors des
nécessités du service des salles, il y a neuf portes ou postes d'escaliers à garder et un service de
bureaux pour cinq Conservations et la Direction, on est porté à penser qu'une véritable armée de
serviteurs est aux gages du Louvre, et que la plus grande quiétude est assurée aux Conservateurs
pour la surveillance des trésors accumulés sous leur responsabilité dans le Palais!

Hélas! il n'en est rien, et le personnel des gardiens est tellement restreint qu'il n'est pas un de

1. Voir tome ii, page 97.

Tome II. 16
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