L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 2)

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JACQUES BAILLY

peintre en miniature

16 24-1679

e genre de la miniature, cultivé de tout temps en France avec
succès, a été porté, sous le règne de Louis XIV, à un haut degré de
perfection par une école peu connue à laquelle appartient Jacques
Bailly. Nous avons retrouvé de lui plusieurs œuvres considérables et
nous allons les signaler à l'attention des amateurs. Avant de nous
occuper de ses miniatures, résumons brièvement ce qu'on sait de la
biographie de l'artiste et de l'histoire de cette famille qui a joué un
rôle important sous l'ancienne monarchie.
La date exacte de la naissance de Jacques Bailly n'est pas connue; toutefois son acte de décès
(1679), qui le dit âgé de quarante-cinq ans ou environ, permet de placer sa naissance vers
l'année 1634. Il était originaire de Graçay, petite ville du département du Cher, et vint s'établir de
bonne heure à Paris, car dès 1664 il travaille pour le Roi. Il avait alors une trentaine d'années.
Quand il mourut, le 2 septembre 1679, il jouissait de toutes les distinctions dont pouvait être honoré
un peintre de sa qualité. Logé aux galeries du Louvre depuis l'année 1667, il avait été reçu à
l'Académie, fort jeune encore, le 30 juin 1663. Son mérite d'ailleurs justifiait ces faveurs, comme
nous le verrons tout à l'heure.

Bailly avait épousé, vers 1658 —son arrivée à Paris est donc antérieure à cette date — Suzanne
Bourgeois, qui lui donna dix ou douze enfants au moins. M. Jal donne les noms de neuf de ces
enfants, en avouant que sa liste n'est pas complète. Un seul nous intéresse, c'est l'aîné, Nicolas, né
le 3 mai 1659, qui devait remplacer son père comme peintre en miniature du Roi. Les rapports de
Jacques Bailly avec les artistes les plus distingués de son temps sont constatés par les actes de
baptême de ses nombreux enfants où l'on voit figurer, en qualité de parrains, des peintres et des
sculpteurs bien connus. L'une de ses filles épousa le graveur Simon Thomassin; une autre l'architecte
Cachaud.

La faveur royale que son talent avait su conquérir à Jacques Bailly fut conservée à sa famille
après sa mort. Son logement aux galeries du Louvre resta à sa veuve jusqu'au jour où il fut accordé
à son fils aîné Nicolas (1693). Bien que ce don lui ait été octroyé en considération de l'expérience
qu'il s'était acquise en sa profession, Nicolas Bailly ne paraît avoir égalé son père ni en talent, ni en
réputation. Il n'entra pas à l'Académie de peinture et cependant il atteignit un âge avancé ; il avait
soixante-dix-sept ans quand il mourut, le 13 novembre 1736.

Nicolas Bailly, au titre de peintre du Roi, joignit celui de garde des tableaux de Sa Majesté;
c'est en cette qualité qu'il rédigea le premier inventaire connu des collections royales. Cet inventaire
porte la date de 1709. Il mériterait d'être publié, car c'est le catalogue le plus ancien de la riche
galerie qui est devenue le noyau du Musée du Louvre. Nous en connaissons plusieurs copies con-
temporaines de la rédaction. Elles se trouvent presque toutes déposées aux Archives nationales. La
Bibliothèque du Musée du Louvre en possède une.

Le fils de Nicolas Bailly, appelé Jacques comme son aïeul, hérita du double titre de peintre et
de garde des tableaux du Roi. Cette dernière qualité était devenue en quelque sorte un bien
patrimonial qui resta dans la famille des Bailly jusqu'à la Révolution. Jacques Bailly, deuxième du
Tome IL 25
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