L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 2)

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L'ARCHITECTURE AU SALON EN 1875. 315

En dehors des études que nous venons de signaler, il en est d'autres qui, quoique répondant à des
programmes plus modestes, méritent cependant d'être mentionnées : entre autres, l'église de Méry-sur-
Seine, par M. Moriset, et celle conçue par M. Julien pour un village nouvellement fondé en Algérie,
deux petits édifices, étudiés chacun dans un caractère différent, mais qui possèdent des qualités et sont
traités dans des données pratiques ; la gare de Bude-Pesth (Hongrie), dont les détails laissent à désirer,
mais dont l'ensemble présente d'assez bonnes proportions, — cette étude a 40nné à son auteur,
M. de Serres, l'occasion d'exécuter un charmant dessin en perspective; —les études de M. Boileau,
artiste de mérite qui cependant s'est montré parfois plus brillant que cette année ; enfin les types de
ferme exposés par M. Bosc, qui a extrait ces documents d'un ouvrage qu'il destine à la vulgarisation
des connaissances spéciales aux constructeurs et propriétaires d'habitations rurales.

A côté de ces projets en somme peu nombreux et d'une valeur relative, se présente à l'exposition
de 1875 une série très-importante et très-remarquable de projets de restauration et d'études faites sur
des monuments du passé, parmi lesquels les travaux relatifs aux monuments historiques de la France
prennent une place capitale ; aussi demandons-nous à nos lecteurs la permission de nous y arrêter un
instant. Chacun sait qu'il existe au ministère des Beaux-Arts une commission dite des Monuments
historiques, disposant annuellement d'un budget destiné à l'entretien et à la restauration des édifices
intéressants que possède notre pays, mais ce qu'on ne connaît pas aussi généralement ce sont les
efforts que fait cette commission et les services considérables qu'elle rend à l'art, en dirigeant ses
travaux de telle sorte que non-seulement les monuments soient restaurés dans le caractère propre à
chacun d'eux, mais encore que l'art moderne jmisse profiter de l'enseignement si précieux que four-
nissent sous tant de rapports l'examen et l'étude de ces chefs-d'œuvre du moyen âge et de la renais-
sance, dont la connaissance est si utile, indispensable même au développement de l'architecture. Trop
longtemps préoccupés de l'antiquité, les architectes ont négligé l'étude des œuvres nationales, par
ignorance des qualités qu'elles renferment et des principes toujours vrais d'ajn-ès lesquels elles ont été
conçues ; mais aujourd'hui, grâce à la persistance intelligente de la commission des Monuments
historiques et à la façon libérale avec laquelle, dans les limites malheureusement restreintes de son
budget, elle associe à ses travaux tout artiste qui a étudié sérieusement l'architecture française, le cercle
des connaissances s'agrandit, les documents abondent et les méthodes de bâtir s'améliorent en même
temps que l'art proprement dit profite de la grande expérience des proportions et des effets qu'avaient
acquise les maîtres du moyen âge. Il y a quelques années, les expositions annuelles renfermaient à
peine deux ou trois relevés de monuments historiques, mais peu à peu le nombre a augmenté et cette
année le public a pu constater la place et l'importance que prend ce genre d'études, parmi lesquelles
plusieurs sont dues à des hommes éminents.

M. Viollet-le-Duc qui, comme chacun le sait, a le premier fait ressortir la nécessité de compléter
l'éducation des architectes par l'étude de notre art national, et qui, dans un ouvrage que tout artiste
contemporain français et étranger possède, a appris à chacun à connaître, à comprendre et à aimer
cet art, M. Viollet-le-Duc, disons-nous, a lui-même pris part à l'exposition de cette année en envoyant
ses beaux dessins de la restauration du château de Pierrefonds. Vu le cadre restreint qui nous est
accordé ici, nous ne pouvons entrer dans aucun détail relatif à la reconstruction du château de Louis
d'Orléans, mais nous la signalerons comme ayant été pour beaucoup d'artistes peintres, sculpteurs,
architectes, grâce aux bienveillantes explications du maître, une rare occasion de leçons bien inté-
ressantes dont le fruit ne sera pas perdu.

Envisagée au même point de vue et indépendamment de l'intérêt qui s'attache à la conservation
du monument, la restauration du château de Saint-Germain, due à M. Millet, est un sujet d'études qui
attire bien des artistes et qui aura une heureuse influence. La chapelle, qui est de beaucoup anté-
rieure à l'ensemble du château de François Ier, puisqu'elle date du xiue siècle, a fait l'objet de dessins
remarquablement présentés et qui ont été à l'exposition particulièrement appréciés des archi-
tectes.

Parmi les dessins les plus remarquables et les projets de restauration les plus intéi-essants, nous
citerons ceux de MM. Ruprich-Robert et Lisch, qui depuis longtemps déjà prennent une part si grande
et si intelligente à la restauration de nos monuments historiques; les travaux de MM. Sauvageot,
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