L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 2)

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JAPONISME

HISTOIRE DE LA POÉTESSE KO MATI

(i inI.)

o Mati n'est pas un personnage purement légendaire 2. En même
temps qu'on raconte ses aventures, on récite ses poésies. Là encore
cejiendant l'aigre malveillance que nous avons signalée la poursuit.
Quelque part un commentateur dit que ses œuvres (souvent réim-
primées, du reste) « ont peut-être été confondues avec celles d'une
autre poétesse. » Ses vers manqueraient d'originalité. Ils sont « d'une
femme maladive. » Les doutes de ce Trissotin japonais n'arrêteront
pas notre enquête sur cette femme qu'on appelait « l'abeille » pour
caractériser l'aiguillon de son irrésistible beauté et sans doute aussi
le miel de sa poésie.

Une de ses pièces de vers a mérité de prendre place dans les « Cent Poètes. » Je possède un
superbe tirage illustré de cette suite qui est dans la mémoire de tous les Japonais. C'est l'édition « du
Petit-Grenier. » L*a chromolithographie ci-jointe est la reproduction aussi fidèle que le permettent les
procédés d'impression européens de la page ix, consacrée à la poésie de Ko Mati. Par une bizarrerie
dont on ne nous a pas fourni une explication très-claire, cette page contient aussi le sommaire
d'un roman qui ne paraît avoir qu'un rapport que nous ne saisissons pas avec les malheurs de la
poétesse.

Nous avons choisi cette page, d'ailleurs pittoresque et due à un artiste éminent, Hiro-Sigé ou
Ko-Tio, parce qu'elle expliquera la disposition le plus souvent répétée aux mêmes places de ces
signatures et de ces cachets apposés sur les écrans, sur les feuilles volantes, dans les albums factices
et dans les ouvrages illustrés japonais qui sont aujourd'hui dans toutes les mains.

Dans le compartiment rose, le titre général : « Le Recueil des poésies des Cent Poètes du Japon,
édition dite du Petit-Grenier. »

Dans le compartiment jaune, la poésie de Ko Mati, dont voici une traduction approximative :
« La couleur de la fleur s'est fanée; la pluie est venue, pendant le temps où, vaniteuse, je laissais errer mes
yeux. »

1. Voir tome II, page i.

2. Voici la traduction d'une note de M. F. V. Dickins, auteur d'une traduction en vers anglais des Cent Poètes, i Jj.pan.ese lyrical odes »
(hondon, 1866^ i vol. in-8°).

« Dans le Sei s/ii roku hon (Catalogue de noms de famille), Onono-Ko Machi est dite sœur d'un Daï toku ono, sur lequel on ne sait
rien de positif. Liée avec Ono teï jin (vraisemblablement d'amour charnel), on suppose qu'elle a composé d'autres pièces que celles que
nous fournit le Ko Kin Shiu. L'ouvrage intitulé Go sen shiu la montre en rapports intimes avec un henjo du temple de Ishiyama, et comme
ce titre de henjo correspond à une très-ancienne dignité sacerdotale, existant peu après l'introduction du buddhisme au Japon, Onono-Ko
Machi peut avoir brillé sous le règne de Bun Toku, dans la seconde partie du ve siècle. »

Depuis que la première partie de ce travail a paru, M. A. B. Mitford — à qui l'on doit ces Taies of old Japan, publiés à Londres
en 1871, et qui eussent dû depuis longtemps trouver en France un éditeur — M. A. B. Mitford a mis en vente le reste des précieuses
collections d'objets d'art qu'il avait formées au Japon. Le catalogue, enrichi de notes explicatives, donnait sur Ko Mati des renseignement'!
confirmant les nôtres, sauf quant aux dates. Onono-Ko Mati aurait été trouvée morte dans un marécage désert près d'Osaka, dans la
province de Sesshin, en l'année 834. Elle avait soixante-neuf ans.

Le beau netzké, en ivoire, qui appelait cette note et qui a été adjugé pour 6 livres ij shillings, était signé Masakatsu. Probablement
Masakatsu est un de ces maîtres sculpeurs en ivoire ou en bois qui, à Kiota, dans la fin du siècle dernier, ont produit tant de netzkés
délicats, spirituels, d'une tournure originale et d'un arrangement parfait.

Tome II. 43
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