L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 2)

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428 L'ART.

cabinet des estampes a rencontré l'accueil le plus bienveillant et le plus sympathique. Amateurs et
collections publiques ont rivalisé d'empressement pour mettre à sa disposition les matériaux dont
chacun pouvait disposer. Tandis que les conservateurs du British Muséum l'autorisaient à prendre la
photographie des exemplaires les plus rares de leur dépôt, le duc de Devonshire faisait déplacer à
deux reprises différentes, pour en rendre la communication et la reproduction plus faciles, une
épreuve unique de son incomparable collection. Les amateurs français ne se montraient, de leur côté,
ni moins bienveillants ni moins libéraux. Aussi M. Duplessis a-t-il pu puiser dans les riches cabinets
de MM. Dutuit, Émile Galichon, Edmond de Rothschild et Amb.-F. Didot1, et nous offrir ainsi comme
la fleur des plus riches collections de l'Europe. Ce n'est pas, on le voit, sans peine et sans difficultés
de plus d'une sorte qu'a pu être formée cette réunion de photographies, que M. Amand Durand a
gravées sur cuivre avec le merveilleux procédé dont il possède le secret. La collaboration de l'érudit et

de l'artiste était nécessaire pour assurer la perfection de l'œuvre,
et si nous insistons sur la part qui revient au premier dans
l'œuvre commune, c'est qu'elle frappe moins au premier abord,
et que, si tout le mérite de la reproduction revient à M. Amand
Durand, le travail préparatoire, plus modeste et moins apparent,
nécessaire pour arriver à la découverte et au choix des épreuves
qui devaient servir de type, a aussi une importance capitale.

Grâce à ce concours en effet, nous avons le fac-similé le
plus fidèle qu'il soit possible d'avoir du premier état des eaux-
fortes de Van Dyck, de l'état obtenu alors que le maître, après
avoir fait mordre la planche, mettait le cuivre sous la presse
pour tirer les premières épreuves d'essai.

De pareilles conditions doivent assurer le succès de cette
Van Dyck. r

. ., , publication auprès des artistes, et en môme temps auprès des

Fac-simue d une eau-torte de Van Dyck

. , „ amateurs et des érudits qui s'occupent de l'histoire de la gravure.

reproduite par le procède Amand Durand. 1 1 °

Aux premiers, en effet, elle offre le travail même de l'ar-
tiste, vierge de retouches, et elle présente les plus beaux
modèles qu'on connaisse pour la gravure du portrait. Les autres y trouveront un moyen facile de
reconnaître les épreuves les plus rares et de compléter les lacunes de leurs collections par des
reproductions parfaites. Les érudits enfin pourront étudier à loisir les procédés du maître, et corn- •
parer les pièces d'une authenticité absolue avec celles qui laissent quelques doutes. Les planches
que j'ai sous les yeux me fournissent un exemple frappant de l'utilité que l'étude des maîtres graveurs
et l'histoire de la gravure retireront d'une pareille publication. M. Duplessis a fort sagement éliminé
de cet ouvrage toutes les pièces attribuées faussement à Van Dyck. 11 fournit d'ailleurs les raisons de
certaines exclusions qui nous paraissent parfaitement justifiées ; mais il n'a pas cru devoir rejeter un
portrait qui, d'après l'ordre alphabétique, vient en dernier sous le n° 22; je veux parler du portrait de
Jean Waverius, et cependant l'attribution de cette gravure à Van Dyck pourrait donner lieu à quelque
hésitation. Bien que le dessin de la tête de Waverius porte les marques distinctives et caractéristiques
des portraits de Van Dyck, si on la rapproche des admirables têtes de Snyders, de Van Dyck lui-
même, de Jean Breughel et de Van Noort, on remarque une différence notable dans le travail de la
pointe. Chez les uns, le trait est large, hardi, sûr de lui-même, tandis que dans le portrait de Waverius
il paraît timide, un peu maigre, bien que d'une extrême habileté. Evidemment, si ce n'est pas Van
Dyck qui a gravé cette eau-forte, elle a été faite d'après un portrait du maître, sous ses yeux, par un
artiste d'un grand talent qui cherchait à se rapprocher le plus possible des exemples qu'il avait autour
de lui et dont il s'était nourri. Mais je n'oserais trancher cette délicate question; si un connaisseur
aussi compétent que M. G. Duplessis a admis le portrait de Waverius dans le recueil des eaux-fortes
authentiques du maître, il doit avoir eu pour cela de bonnes raisons, et nous n'avons qu'à nous incliner

1. Cinq des eaux-tortes reproduites appartiennent à M. Dutuit, cinq au Musée britannique, quatre à M. Edmond de Rothschild, trois
à M. Firmin Didot, une au duc de Devonshire, une à S. Baie, esq., de Londres, et deux faisaient partie de la collection de M. Em.
Galichon.
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