L' art décoratif: revue de lárt ancien et de la vie artistique moderne — 1,1.1898/​1899

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L’ART DÉCORATIF
A L’EXPOSITION DE 1900

En attendant la description des ouvragés d’art
qui figureront à l’Exposition universelle de Paris,
il est'un certain nombre de questions que nous
devons traiter ici, comme intéressant l’art industriel
ou les ouvriers d’art.
Une des plus intéressantes est la mention du
nom de l’ouvrier d’art à côté de celui de l'industriel
exposant.
Au cours des rapports accoutumés des ouvriers
avec les industriels qui les emploient, soit à demeure
et à traitement fixe, soit sur commande et aux
pièces, le principe de l’offre et de la demande est
réciproquement observé. L’ouvrier d’art donne son
travail en échange du salaire convenu.
Le fabricant, qui assume les risques de son
entreprise, se réserve toutes chances de bénéfice et
de notoriété. Il paie; le marché tenu, patron et
ouvrier sont quittes.
Mais vienne une exposition publique des œuvres
ainsi produites en collaboration, il est de toute
justice, de toute probité, de mentionner aussi
l’auteur du travail.
Cette mention nominative doit être permanente et
bien en vue, pendant toute la durée de l’exposition,
afin que les visiteurs, remarquant un travail dans
la masse, puissent connaître l’artiste qui l’a exécuté.
Pourquoi les ouvriers d’art seraient-ils, seuls,
privés de ce droit?
On trouve tout naturel que, sur les affiches d’une
pièce de théâtre par exemple, les noms des inter-
prètes, des décorateurs, des costumiers, figurent
obligatoirement, chaque jour, à côté du nom de
l’auteur. Et l’artisan créateur d’une œuvre d’art, en
une collaboration bien plus intéressante encore, ne
serait pas désigné au public, une fois tous les
onze ans, par le patron qui lui doit, en grande
partie, le succès de son exposition ?
La question est facile à résoudre. Il suffit que le
Commissaire général de l’Exposition de 1900 veuille
bien inviter les comités d’admission à prescrire
à tous les fabricants d’objets d’art cette désignation
de leurs coopérateurs.
S
Les peintres se plaignent de l’exiguïté de la place
qui leur sera attribuée à l’Exposition de 1900.
On sait que les beaux-arts seront logés dans le
Grand Palais qui s’élève entre l’avenue d’Antin et
l’avenue centrale. Déduction faite des salles ré-
servées aux chefs-d’œuvre du siècle, l’architecte
du Palais compte sur 2,600 mètres de longueur de
cimaise. Mais M. Dawant assure qu’après examen
ces 2,600 mètres se réduiront à 1,505 mètres, alors
qu’au Palais des Machines, il y en avait 2,850.
En réservant 60 °/o des cimaises disponibles à la
France et 40 °/0 aux sections étrangères, comme
c’est l’usage aux Expositions universelles, les
français pourraient exposer une moyenne de 855 ta-
bleaux et les étrangers 650. Dans ces conditions,
les deux sociétés prévoient que la cimaise ne pourra
être accordée qu’aux membres du jury et à quelques
rares privilégiés.
Les artistes ne se rendent pas compte que plus
il y aura d’œuvres accumulées dans leur palais,

moins le public s’y arrêtera. Il serait à souhaiter
que le Salon de 1900 fut un peu «. meilleur » que
les autres et une sélection plus sévère s’impose.
Ces messieurs sont vraiment difficiles à contenter.
Ils furent les seuls à pleurer la mise à bas de
l’affreux Palais de l’industrie, et gémirent quand
on les installa — fort confortablement, sinon très
élégamment — dans le Palais des Machines. Au-
jourd’hui qu’on leur élève un Palais, presque pour
eux seuls, ils se plaignent encore.
Notons du reste que la protestation n’émane que
des peintres en tableaux. Les décorateurs et les
sculpteurs attendent et espèrent ; ils trouveront
toujours où exposer.
0
Le service des Beaux-Arts de l’Exposition de 1900
a désigné les artistes auxquels seront confiés les
travaux de sculpture et d’ornementation du Grand
Palais des Champs-Elysées et du pont Alexandre III.
Pour le Grand Palais, on a fait appel au concours
du sculpteur Barrias, pour l’exécution d’une, frise.
Elle représentera l’histoire de l’art en portraits de.
ses célébrités. Les grès entrant dans cette frise
seront cuits par la manufacture de Sèvres.
M. Joseph Blanc est chargé de dessiner et de
peindre les cartons de la frise décorative de la
partie postérieure. La sculpture sera confiée à
MM. Sicard, Fagel et Baralès.
M. Récipon, sculpteur, exécutera les quadriges
surmontant les pavillons d’angle du Grand Palais,
en façade sur l’avenue centrale.
La balustrade du pont Alexandre III, comportera
deux figures en bronze de MM. Massoulle et Morice.
Les grands lampadaires seront entourés de groupes
d’enfants en bronze par M. Gauguié.
M. Frémiet est chargé de l’exécution de deux des
Pégases avec Renommées qui domineront les
grands pylônes à l’entrée du pont. Les autres
Pégases seront confiés à MM. Steiner et Granet.
Au devant de chacun des pylônes sera placée une
France par MM. Marqueste, Coutan, G. Michel et
L. Lenoir.
Enfin les notes officielles nous apprennent que
MM. Dalou et Gardet vont sculpter « cftatre lions
décoratifs tenus en laisse par des figures d’enfants »
qui seront placés en avant de l’entrée du pont.


Un vœu pour terminer :
Puisque l’Administration des Postes ne paraît pas
décidée à procéder au tirage des nouveaux timbres
qu’elle avait commandés à M. E. Grasset, pourquoi
n’en ferait-elle pas une édition spéciale dite « de
l’Exposition de 1900 » que les parisiens colleraient,
à titre de propagande, sur leurs divers envois,
comme cela se pratique déjà dans nombre de
grandes expositions universelles. On sait que ces
timbres, sans valeur numérique, sont vendus par
grandes feuilles et ne dispensent pas de l’affran-
chissement réglementaire.
Voilà un revenu nouveau pour l’Administration,
qui comblerait de joie les philatélistes.
Georges Bans.

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