L' art décoratif: revue de lárt ancien et de la vie artistique moderne — 1,1.1898/​1899

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L’ART DÉCORATIF

trouve dans beaucoup d’œuvres de Hansen-
Jacobsen quantité de belles combinaisons de
lignes; telles, dans celles que nous reproduisons,
celles de la tête p. 277 à droite et celles de
la poitrine dans l’idole p. 281. Quant à son
symbolisme, le «Militarisme» en fait comprendre
le genre; ce n’est d’ailleurs par là qu’il faut
chercher la valeur de l’artiste; on doit plutôt
lui souhaiter de ne pas se laisser détourner de
ses recherches de formes nouvelles en pour-
suivant des tendances littéraires. S’il persévère
dans cette voie, quels résultats atteindra-t-il?
Il est difficile de le dire. Il faudrait que, pris
par un architecte pour collaborateur, il trouvât
dans cette tâche le véritable emploi de son
talent. Pour le moment, ses œuvres ne sont
encore que des unités isolées, dont la valeur
ne pourrait être mise en évidence que sur les
constructions qu’elles devraient décorer.
Il est difficile de comprendre que le seul
sculpteur dont l’adaptation de son art à l’archi-
tecture soit le but n’aie pas encore rencontré
l’architecte qui s’éprenne de lui. Sans doute,
c’est son pays, le Danemark, auquel ses œuvres
appartiennent par leurs origines et le monde
de leurs formes, qui le lui fournira. C’est un
malheur pour lui de s’être fixé à Paris, car
entre l’architecture française et sa plastique, il
ne peut exister de rapports. Hors de son pays,
l’Allemagne on la Belgique seraient peut-être
un terrain plus favorable pour lui.
Outre sa sculpture, M. Hansen-Jacobsen
s’occupe aussi de céramique, dans laquelle il a
fait quelques trouvailles de couleur non sans
intérêt. m. g.

LE MOBILIER ANGLAIS
L’histoire du mobilier moderne anglais com-
mence avec l'impulsion donnée à l’art du meuble
par la publication, en 1754, de l’ouvrage de
Thomas Chippendale «The Gentleman and
Cabinet Maker’s Directory» (le guide de l’ama-
teur et de l’ébéniste). C’était, en Angleterre,
le premier livre traitant exclusivement de ce
sujet.
Chippendale avait fait son apprentissage chez
son père, ébéniste d’art, qui vivait à l’époque
du rococo, style contemporain du Louis XV
français et lié à ce dernier par une étroite
parenté. Tenant de son père un penchant
marqué à l’exagération, il fut d’abord forte-
rent influencé par les idées décoratives rap-
portées de Chine par Sir William Chambers,
l’architecte; son livre est plein de fantaisies
extravagantes et de réminiscences de l’art chinois.
Dans la suite, il s’assagit et ses travaux devin-
rent meilleurs. Ses chaises, surtout, dont les

pieds de devant finissent en boule ou en pied
de biche sont dignes de l’admiration qu’elles
ont toujours excité; au point de vue du dessin,
elles n’ont pas été surpassées.
C'est vers cette époque que fut abandonné
le manteau de cheminée, jadis partie intégrale
de l’ordonnancement architectonique des in-
térieurs. La décoration de la cheminée passa
des mains de l’architecte à celle du poëlier ou
du fabricant de grilles de foyer, au grand
dommage de l’harmonie de l’ensemble. Cepen-
dant, à coté des productions malsaines du
Louis XV et du style chinois de Sir William
Chambers, d’excellents travaux furent exécutés
vers 1769 par les frères Adam, architectes et
décorateurs. Leur architecture était, dans ses
détails, d’un classique raffiné, et leurs décora-
tions intérieures conçues dans le même esprit.
Les frères Adam se servirent les premiers, dans
leur ornement décoratif, des motifs de feuillages
et de fleurs, devenus typiques dans la suite.
Leurs procédés ouvrirent la voie à Hepple-
white, qui publia (1787—91) un album de
projets de buffets, de chaises, d'armoires, etc.
Les meubles de Hepplewhite étaient exécutés
en acajou et bois de rose. Ils n’avaient presque
pas d’ornements; leur seule décoration con-
sistait en marqueteries de bois durs. Leur
beauté d’exécution, comme leur finesse de
style, n’a pas été surpassée.
Bientôt après (1791- 93), Thomas Sheraton
publia un livre de dessins de meubles sem-
blables à ceux de Hepplewhite, mais encore
plus raffinés dans leurs détails. Fort bien exé-
cutés aussi, ces meubles étaient plus ornés;
les moulures, les cannelures, les incrustations
s’y trouvaient quelque peu en excès. Sheraton
procédait d’ailleurs de Hepplewhite, comme
celui-ci des frères Adam.
Les dossiers de chaises de Hepplewhite étaient
habituellement en cœur ou en écusson. Sheraton
les fit le plus souvent carrés et dégorgea les
pieds. Ni l’un ni l’autre de ces deux maîtres-
artisans ne surpassa d’ailleurs l’œuvre de
Chippendale.
Le style empire français, qui remplaça la
fantaisie libre de ceux de Louis XV et de
Louis XVI par sa sécheresse dans le retour à
l’antique, eut une influence désastreuse sur l’art
anglais. Les dessins d’intérieurs de l’architecte
Thomas Hope, faits dans ce style, semblent
presque ridicules à côté de ceux de Hepple-
white et de Sheraton.
La restauration de la monarchie en France
fut accompagnée d’un retour au style Louis XV,
et ce revirement eut encore son écho en Angle-
terre. Puis les dessins se modernisèrent en
Angleterre comme en France, pour arriver au

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