L' art décoratif: revue de lárt ancien et de la vie artistique moderne — 1,1.1898/​1899

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On sait aujourd’hui où seront exposées les diffé-
rentes industries d’art décoratif.
L’administration, peu généreuse quant aux con-
cessions dans les jardins, s’est montrée très libé-
rale pour l’installation sous palais.
L’art décoratif et tout ce qui s’y rapporte en
tant qu’ameublement et confortable domestique,
sera placé à l’Esplanade des Invalides, dans un
immense palais que l’on vient de commencer et
qui s’étendra de la rue de l’Université à la place
des Invalides.
Nous croyons savoir qu'un effort vigoureux sera
fait par certains industriels français pour montrer
du nouveau et que le visiteur aura vraiment un
aperçu de la production de demain. Des demandes
d’admission, en nombre considérable, sont arrivées à
l’administration pendant le mois de janvier, la date
du premier février ayant été fixée comme dernier
délai. M. Dervillé, directeur de l’exploitation, nous
a annoncé qu’il y aurait beaucoup d’élus et que les
retardataires seraient.seuls mécontents.
Les objets d’art appliqué provenant de l’étranger
seront disséminés dans les sections rétrospectives
par les soins des commissaires qui réunissent en
ce moment lés dernières adhésions. La Belgique,
l’Angleterre et l’Allemagne préparent, dit-on,
des merveilles, qu’il sera intéressant de mettre
en parallèle avec celles des manufacturiers
français.
L’administration, jalouse de la bonne renommée
de l’Exposition, tient avant tout à ne pas fa’re
« bazar ». Elle a recommandé expressément aux
comités d’interdire-la vente dans les galeries ; les
exposants montreront leurs articles, mais sans qu’il
soit permis de les vendre sur place. Les pavillons
de vente directe seront classés à part et soumis à
des réglements spéciaux.
Seules les architectures des galeries ne seront
guère en progrès, pour le motif que leurs plans ont
été arrêtés il y a cinq ans, alors que les construc-
teurs n’osaient pas encore les hardiesses- d’aujour-
d’hui. Ce n’est guère qu’à l’Exposition de 1911 que
la ville de Paris pourra montrer des bâtisses plus
intéressantes.


L’administration de l’Exposition a décidé de
supprimer les traditionnelles cartes photogra-
phiques d’entrée pour exposants , et journalistes.
Elles seront remplacées par de gracieuses pla-
quettes en argent, nickel et bronze, gravées par
M. Daniel Dupuis.
Au recto : une Renommée parcourant la surface
du globe pour annoncer la grande fête des nations;
avec l’inscription : Exposition universelle, Paris
1900.
Au verso : un ouvrier assis, symbolisant le
repos après le travail ; au-dessous, le nom du titu-
laire.
Félicitons le commissaire général de cette inno-
vation qui sera en même temps un précieux souvenir
pour tous ses collaborateurs.

L’obligation de se faire photographier amenait
chaque fois des conflits entre l’administration et
les artistes qui se refusaient à encourager ce
procédé de reproduction « anti-artistique », disaient-
ils.


Le groupe des artistes modernes, parmi lesquels
MM. Dampt, Alexandre Charpentier, Desbois,
Plumet, Félix Aubert, a suggéré le projet d’une
Exposition de T Art appliqué à la vie, à la com-
mission chargée de préparer la participation de la
Ville de Paris.
On y retrouverait, rénové, l’art de l’habitation
contemporaine, avec ses objets usuels, ses tentures,
ses meubles, dans leur cadre.
La maison qui serait ainsi construite serait
établie et agencée de telle sorte que, aménagement,
mobilier et ustensiles usuels compris, elle ne
coûterait pas annuellement plus de 800 francs de
loyer. Tous les efforts de l’architecte, du peintre,
du sculpteur, du maçon et des ouvriers du bâti-
ment devront être combinés en vue d’obtenir ce but
essentiellement économique.
La dépense ne dépasserait pas 50.000 francs et
pourrait être imputée sur le créditde 600.000 francs
réclamé pour l’Exposition générale de la Ville par
le Préfet de la Seine.
L’exécution du remarquable projet de ces
excellents artistes ne serait pas l’une des moindres
attractions de l’Exposition.


On parle — mais que ne dit-on pas ? — d’un
projet qu’aurait l'administration de l’Exposition de
sortir de- la routine habituelle et de mettre au
concours les affiches et les diplômes.
Dans toutes les grandes villes, les expositions
universelles ont été annoncées par des affiches
illustrées souvent très jolies, la ville de Paris seule
s’était jusqu’ici contentée des officielles affiches
blanches.
Espérons des concours d’affiches et de diplômes
pour l’émulation de nos jeunes artistes.


Parmi les attractions <r d’à côté », on vient
d’achever, boulevard Delessert, au Trocadéro, un
panorama de Poilpot, représentant la bataille
d’Iéna.
La construction architecturale est signée Franz
Jourdain ; le style est un peu « exposition », c’est-
à-dire fantaisiste, mais l’ensemble est agréable et
gai, en tout cas bien différent de tous les pano-
ramas-gazomètres dont nous avons été jusqu'ici
gratifiés. Une frise de M. Francis Jourdain, peinte
sur le pourtour extérieur, décore heureusement la
construction. Georges Bans.

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