Barthélemy, Jean Jacques
Voyage du jeune Anacharsis en Grèce (Band 1) — Paris: Ledoux, 1824

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DE LA GRÈCE, PART. II, SECT. III. 341
leure heure et avec autant de succès que les arts,
on peut avancer qu’à l’exception de la poésie,
elles ont reçu moins d’encouragement parmi les
Grecs. Ils ont montré de l’estime pour l’éloquence
et pour l’histoire, parce que la première est né-
cessaire à la discussion de leurs intérêts, et la
seconde à leur vanité : mais les autres branches
de la littérature doivent leur accroissement plu-
tôt à la vigueur du sol qu’à la protection du gou-
vernement. On trouve en plusieurs villes des
écoles d’athlètes entretenues aux dépens du pu-
blic; nulle part des établissemens durables pour
les exercices de l’esprit. Ce n’est que depuis quel-
que temps que l’étude de l’arithmétique et de la
géométrie fait partie de l’éducation , et cpie l’on
commence à n’étre plus effarouché des notions
de la physique.
Sous Périclès, les recherches philosophiques
furent sévèrement proscrites par les Athéniens *;
et tandis que les devins étaient quelquefois en-
tretenus avec quelque distinction dans le Pry-
tanée 2, les philosophes osaient à peine confier
leurs dogmes à des disciples fidèles. Ils n’étaient
pas mieux accueillis chez les autres peuples. Par-
tout objets de haine ou de mépris, ils n’échap-
paient aux fureurs du fanatisme qu’en tenant la
vérité captive; et à celle de l’envie, que par une
1 Plut, inPericl. t. i, p. 169.—2 Schol. Aristoph. in nub. v. 338.
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