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12e ANNÉE

PARAISSANT TOUS LES MOIS

N° 6. JUIN igi3

BULLETIN

DES MUSÉES ROYAUX

DU CINQUANTENAIRE

(Antiquités, Industries T Art, Art monumental et décoratif, Armes et Armures, Ethnographie)

A BRUXELLES

Ce bulletin sert d'organe à la Société des Amis des Musées royaux de l'État, à Bruxelles.

Il est distribué gratuitement aux Membres de la Société.

ABONNEMENTS :

Pour la Belgique . . 5 francs. — Pour l'étranger . . 6 fr. 50. — Le numéro . . 50 centimes.

UNE TAPISSERIE DE BRUXELLES

Pièce de maîtrise (?), XVIIe siècle

Les Musées royaux du Cinquantenaire vien-
nent d’acquérir une petite tapisserie histo-
riée, de om6a X om72, tissée de laine, de
soie et d’argent.

La scène représente la « Conversion de Saint-
Hubert » : Un cerf, portant en sa puissante
ramure un crucifix entouré d’une gloire, est
apparu subitement au noble austrasien livré à
toutes les dissipations de la vie mondaine. Le
chasseur vient de sauter bas de son cheval, aban-
donnant à terre son feutre empanaché et nous le
voyons à genoux devant la mystérieuse image (i).
Un arbre placé à droite et un terrain acci-
denté constituent le paysage. Si l’attitude du
chasseur est observée, sa physionomie est loin
d’être idéalisée. Le cheval, par-contre, est traité
avec beaucoup de virtuosité. Apparemment
l’auteur du modèle appartient à l’école de
Rubens. On ne trouve toutefois dans cette page
ni la fougue de ce maître ni la finesse de
Van Dyck ; mais il est permis de rechercher
du côté de Van Thulden ou de De Crayer. On
songe même au tableau de ce dernier maître

(i) Saint-Hubert évêque de Maestricht, de Liège, apôtre
de Ardennes, né vers 656, fi 727. On attribue aussi le
même trait à Saint-Eustache. Mais d’une façon générale
on peut affirmer que dans les œuvres d’art d’origine belge
c’est la légende de Saint-Hubert qui est représentée.

conservé à l’église Saint-Jacques à Louvain (1).
Il faut citer aussi le tableau appartenant à l’église
de Leefdael, exécuté entre l’année 1661 et l’année
i665 (2).", Ces deux tableaux sont identiques quant
à la composition, mais il existe des variantes assez
notables dans le fond du paysage. La composition
de De Crayer est plus habile et l’attitude du chas-
seur ainsi que celle du cerf sont mieux observées.
Dans chacun de ces tableaux, on ne remarque pas
la présence de l’écuyer qui figure, par contre, dans
la toile de Van Loon au Musée royal de peinture
à Bruxelles. Cette dernière toile, tant pour la dis-
position de la scène que pour l’esprit, n’a pas de
rapport, en somme, avec le sujet qui nous occupe.
En attendant qu’un heureux hasard nous montre
un tableau directement apparenté à notre tissu,
il nous a paru utile de passer en revue les
estampes se rapportant à notre sujet. Celles-ci
ne nous ont pas fourni des rapprochements
immédiats, mais nous montrent des interpréta-
tions qu’il convient de signaler. Une estampe
d’après Stradan offre la composition en sens
inverse et des gravures de Jean et de Jérôme
Wierix contiennent diverses analogies avec la
tapisserie dont il s’agit. Seulement aucune ne pré-
sente une image correspondant à celle traduite
par le tapissier. On n’y voit pas non plus
figurer l’écuyer. Un fait est indéniable, c’est
que tapisserie ou gravures appartiennent à la
même école, et si l’on veut aboutir à un proto-

(1) Inventaire des objets d'arts. Arrondissement de Lou-
vain, p. 3i.

(2) Ouvrage cité, p. 118.
 
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