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La chronique des arts et de la curiosité — 1871

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https://doi.org/10.11588/diglit.26566#0031
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1871. — N° 3.

BUREAUX, 55, RUE VIVIENNE.

24 Décembre.

LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

SUPPLÉMENT A LA GAZETTE DES BEAUX-ARTS

PARAISSANT LE DIMANCHE MATIN

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MOUVEMENT DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ.

* Les expositions doivent d’abord justifier
devant les contribuables l’emploi qui a été fait
de l’argent voté par l’Assemblée nationale pour
l’encouragement des artistes ; elles doivent aussi
mettre en lumière èt en faveur, non pas l’art fa-
milier, anecdotique, intime, qui s’adresse au par-
ticulier, mais l’art décoratifqui intéresse tout
le monde. »

Cette phrase du rapport, qui vient enfin d’ètre
publié, résume tout le programme de l’admi-
nistration. Nous laissons de côté les détails du
règlement, qui n’ont qu’un intérêt secondaire et
subordonné aux modifications périodiques qu’ils
subiront. Nous n’entendons combattre, bien que
nous ne les approuvions pas du tout, ni la com-
position du jury, ni le retour aux catégories de
médailles, ni même ce système provisoire de
la demi-gratuité des entrées.

Nous ne voulons voir dans cet ensemble de
mesures timides qu’un acheminement vers un
plan plus ferme, terrain solide, définitivement
réservé à l’art et d’où doivent être bannis la
médiocrité et le commerce. Car nous sommes de
ceux qui n’ont jamais eu d’autre souci que de
dégager l’État de la prétendue obligation, que
lui crée la routine, de faire les affaires des ar-
tistes.

A ce compte, ce règlement, qui soulève quel-
ques tempêtes, nous satisfait beaucoup ; car nous
trouvons dans le rapport dont il est précédé
toute la substance propre à créer un avenir meil-
leur.

Mais si nous nous félicitons de voir l’État es-
sayer de ne pas succomber sous l’étreinte de
quinze cents artistes qui le circonviennent tous
les ans, nous avons le ferme espoir que les ar-
tistes, de leur côté, vont comprendre enfin la
nécessité de faire par eux-mêmes. Doucement
écartés hors d’un domaine qu’ils ont commis
l’erreur de croire être à tout jamais le leur, s’ils
ont l’intelligence de leurs intérêts, qu’ils pen-
sent à s’associer par groupes, sinon dans une
vaste corporation !

Ce jour-là ne peut être éloigné, et le coup de
balai sera définitivement donné aux médailles,
à ces malheureux jurys qu'on met sur le gril
tous les ans au printemps, et au cortège des pla-
titudes qui accompagne la Protection, dont
l’effet n'est autre que d’abaisser le sens moral
des artistes. La seule protection que l’État doive
aux artistes, c’est celle à l’aide de laquelle ces
derniers parviendront à se constituer indépen-
dants de lui.

L’événement de la semaine c’était donc le
règlement de l’exposition ; mais à côté de lui, et
malgré le tapage des ateliers, un bruit s’est ré-
pandu qui va remuer tout le monde des grands
amateurs et des musées.

Il me semble que c’était hier que notre ami
W. Bürger, terminant dans la Gazelle sa longue
étude sur une galerie nouvellement formée et
déjà célèbre, disait : « Il n’y a pas beaucoup de
collections particulières où l’on trouve réunis
Ary Scheffer, Delacroix, Decamps, Ingres, Meis-
sonier, Rousseau avec Pierre de Hoghe, Ostade,
Terburg, Ruysdaël, Hobbema, Van de Velde,
Van der Meer, Frans liais et Rembrandt. » Il
n’est que trop vrai que la galerie de MM. Péreire
va disparaître et que cette réunion d’œuvres de

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