Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Dixieme): La Henriade: Poeme — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen. Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90793692]

Page: 15
DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/voltaire1785bd10/0023
License: Public Domain Mark Use / Order
0.5
1 cm
facsimile
DU ROI DE PRUSSE. i>
humaniser les hommes, en les rendant plus
doux, plus justes et moins portés aux violences ;
elles ont pour le moins autant de part que les
lois au bien de la société et au bonheur des
peuples. Cette façon de penser aimable & douce
se communique insensiblement de ceux qui
cultivent les arts et les sciences au public et
au vulgaire ; elle passe de la cour à la ville, et
de la ville à la province; on voit alors avec
évidence que la nature ne nous forma point
assurément pour que nous nous exterminions
dans ce monde, mais pour que nous nous assiliions
dans nos communs besoins; que le malheur, les
infirmités et la mort nous poursuivent sans cesse,
et que c’est une démence extrême de multiplier
les causes de nos misères et de notre destruction.
On reconnaît, indépendamment de la différence
des conditions, l’égalité que la nature a mise entre
nous, la nécessité qu’il y a de vivre unis et en paix,
de quelque nation et de quelque opinion que
nous soyons ; que l’amitié et la compassion sont
• des devoirs universels : en un mot, la réssexion
corrige en nous tous les défauts du tempérament.
Tel est le véritable usage des sciences , et
voilà par conséquent la règle de l’obligation que
nous devons avoir à ceux qui les cultivent et
qui tâchent d’en fixer l’usage parmi nous. M. de
Foliaire, qui embrasse toutes ces sciences, m’a
loading ...