Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Dixieme): La Henriade: Poeme — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen. Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90793692]

Page: 90
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90 LA HENRIADE.
Sixte (y), au trône élevé du sein de la poussière,
Avec moins de puistànce a l’ame encor plus fière.
Le pâtre de Montalte est le rival des rois ;
Dans Paris, comme à Rome, il veut donner des lois ;
Sous Je pompeux éclat d’un triple diadème,
Il pense asservir tout, jusqu’à Philippe même.
Violent, mais adroit, dissimulé, trompeur,
Ennemi des puissans , des faibles oppresseur,
Dans Londres, dans ma cour, il a formé des brigues,
Et l’univers , qu’il trompe , est plein de ses intrigues,
Voila les ennemis que vous devez braver.
Contre moi l'un et l’autre osèrent s’élever.
L’un combattant en vain l’Anglais et les orages,
Fit voir à l’océan (ç-) sa fuite et ses naufrages;
Du sang de ses guerriers ce bord est encor teint;
L’autre se tait dans Rome , et m’estime et me craint.
Suivez donc, à leurs yeux, votre noble entreprise.
Si Mayenne est dompté , Rome sera soumise :
Vous seul pouvez régler sa haine ou ses faveurs ;
Inssexible aux vaincus , complaisante aux vainqueurs ,
Prête à vous condamner, facile à vous absoudre,
C’est à vous d’allumer ou d’éteindre sa foudre.

Fin du troijièmc Chant.
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