Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Dixieme): La Henriade: Poeme — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen. Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90793692]

Page: 92
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9? LA HENRI A DE.
D’un coupable parti défenseurs intrépides,
Epouvantaient Valois de leurs succès rapides :
Et ce roi, trop Peuvent sujet au repentir,
Regrettait le héros qu’il avait fait partir. (/î)
Parmi ces combattans, ennemis de leur maître,
Un srère ( i ) de Joyeuse osa long-temps paraître.
Ce fut lui que Paris vit palier tour à tour
Du siècle au fond d'un cloître, et du cloître à la cour
Vicieux, pénitent, courtisan , solitaire,
Il prit, quitta, reprit la cuirasse et la haire.
Du pied des saints autels , arrosés de ses pleurs ,
11 courut de la ligue animer les fureurs,
Et plongea dans le sang de la France éplorée
La main qu’à l’Eternel il avait consacrée.
Mais de tant de guerriers, celui dont la valeur
Inspira plus d’effroi, répandit plus d’horreur,
Dont le cœur fut plus fier et la main plus fatale,
Ce fut vous, jeune Prince, impétueux d’Aumale,
Vous né du sang lorrain , si fécond en héros,
Vous ennemi des rois , des lois et du repos.
La sseu-r de la jeunesse en tout temps l’accompagne.
Avec eux sans relâche il fond dans la campagne ;
Tantôt dans le silence , et tantôt à grand bruit,
A la clarté des deux, dans l’ombre de la'nuit,
Chez l’ennemi surpris portant par-tout la guerre,
Du sang des assiégeans son bras couvrait la terre.
Tels du front du Caucase , ou du sommet d’Athos,
D’où l’œil découvre au loin l’air, la terre et les ssots-
Les aigles , les vautours aux ailes étendues,
D’un vol précipité fendant les vafles nues,
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