Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Dixieme): La Henriade: Poeme — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen. Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90793692]

Page: 176
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kyG LA HENRIADE.
Il rit en contemplant dans ces lieux renommés
La cendre des palais par ses mains consumés.
Il aperçoit de loin ces murs bâtis sur l’onde,
Ces remparts orgueilleux, ce prodige du monde,
Venise, dont Neptune admire le destin ,
Et qui commande aux ssots renfermés dans son sein.
Il descend, il s’arrête aux champs de la Sicile,
Où lui-même inspira Théocrite et Virgile,
Où l’on dit qu’autrefois, par des chemins nouveaux,
De l’amoureux Alphée il conduisit les eaux.
Bientôt quittant les bords de l’aimable Aréthuse, (<Z)
Dans les champs de Provence il vole vers Vaucluse, (2)
Asile encor plus doux , lieux où dans ses beaux jours
Pétrarque soupira ses vers et ses amours.
Il voit les murs d’Anet bâtis aux bords de l’Eure;
Lui-même en ordonna la superbe structure.
Par ses adroites mains avec art enlacés,
Les chiffres de Diane ( ; ) y sont encor tracés.
Sur sa tombe en passant les Plaisirs et les Grâces
Répandirent les sseurs qui naissaient sur leurs traces.
Aux campagnes d’Ivry l’Amour arrive enfin.
Le roi prêt d’en partir pour un plus grand dessein,
Mêlant à ses plaisirs l'image de la guerre ,
Laissait pour un moment reposer son tonnerre.
Mille jeunes guerriers à travers les guérets,
Poursuivaient avec lui les hôtes des forêts.
L’Amour sent à sa vue une joie inhumaine ;
Il aiguise ses traits, il prépare sa chaîne ;
Il agite les airs que lui-même a calmés;
Il parle, on voit soudain les élémens armés.

D’un
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