Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Dixieme): La Henriade: Poeme — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen. Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90793692]

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CHANT DIXIEME. soi
Le roi, qui dans le ciel avait mis son appui,
Sentit que le Très-Haut s’intéressait pour lui.
Soudain la Vérité, si long-temps attendue,
Toujours chère aux humains, mais Couvent inconnue,
Dans les tentes du roi descend du haut des cieux :
D’abord un voile épais la cache à tous les yeux :
De moment en moment, les ombres qui la couvrent
Cèdent à la clarté des feux qui les entr’ouvrent :
Bientôt elle se montre à ses yeux Satissaits ,
Brillante d’un éclat qui n’éblouit jamais.
Henri, dont le grand cœur était formé pour elle*,
Voit, connaît, aime enfin sa lumière immortelle.
Il avoue avec foi que la religion (/)
Est au-dessus de l’homme et confond la raison.
Il reconnaît l’Eglise, ici-bas combattue,
L’Eglise toujours une, et par-tout étendue;
Libre, mais sous un chef adorant en tout lieu,
Dans le bonheur des saints, la grandeur de son Dieu.
Le Christ, de nos péchés victime renaissante ,
De ses élus chéris nourriture vivante,
Descend sur les autels à ses yeux éperdus ,
Et lui découvre un Dieu sous un pain qui n’est plus.
Son cœur obéissant se soumet, s’abandonne
A ces mystères saints dont son esprit s’étonne.
Louis, dans ce moment qui comble ses souhaits,
Louis, tenant en main l’olive de la paix,
Descend du haut des cieux vers le héros qu’il aime;
Aux remparts de Paris il le conduit lui-même.
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