Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Dixieme): La Henriade: Poeme — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen. Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90793692]

Page: 322
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322 dissertation
avant de recevoir la question; il charge deux docteurs
auxquels il s’est confessé d’assurer le greffier que
jamais il n’a parlé à personne du dessein de tuer le
roi; il avoue seulement qu’il a parlé au père d’Aubigni,
jésuite , de quelques visions qu’il a eues, et le père
dé Aubigni dit très-prudemment qu’il ne s’en souvient
pas ; enfin le criminel jure jusqu’au dernier moment,
sur sa damnation éternelle, qu’il est seul coupable,
et il le jure plein de repentir. Sont-ce-là desraisons?
sont-ce-là des preuves suffisantes ?
Cependant l’éditeur du sixième tome des mémoires
de Condé insiste encore ; il recherche un passage des
mémoires de Z’Etoz7e,dans lequel on fait dire a Ravaillac
dans la place de l’exécution : On ma bien trompé quand
on m'a voulu perjuader que le coup que je ferais ferait bien
reçu du peuple, puifqu1 il fournit lui-même des chevaux pour
me déchirer. Premièrement, ces paroles ne sont point
rapportées dans le procès-verbal de l’exécution ;
secondement, il est vrai peut-être que Ravaillac dit
ou voulut dire : On m’a bien trompé quand on me difait,
le roi ejl hdl , on fe rejouira de fa mort. Il voyait le
contraire , et les regrets du peuple ; il se voyait
l’objet de l’horreur publique, il pouvait bien dire
on ma trompé. En effet, s’il n’avait jamais entendu
justisier dans les conversations le crime de JeanChâtel,
s’il n’avait pas eu les oreilles rebattues des maximes
fanatiques de la ligue, il n’eùt jamais commis ce
parricide. Voilà l’unique sens de ces paroles. Mais
les a-t-il prononcées? qui l’a dit àM. de /’Etoile?
un bruit de ville qu’il rapporte prévaudra-1-il sur
un procès - verbal ? Dois-je en croire ce l’Etoile qui
écrivait le soir tous les contes populaires qu’il avait
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