Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Dixieme): La Henriade: Poeme — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen. Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90793692]

Page: 367
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L U C A I N

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Et chacun porte en soi ce conseil salutaire,
Si le charme des sens ne le force à le taire.
Pensez - vous qu’à ce temple un Dieu soit limité?
Qu’il ait dans ces déserts caché la vérité ?
Faut-il d’autre séjour à ce monarque auguste,
Que les deux, que la terre, et que le cœur du juste ?
C’est lui qui nous soutient, c’est lui qui nous conduit;
C’est sa main qui nous guide, et son feu qui nous luit.;
Tout ce que nous voyons est cet être supréme, etc.
C’est bien assez , Romains, de ces vives leçons
Qu’il grave dans notre aine au point que nous naissons.
Si nous n’y savons pas lire nos aventures ,
Percer avant le temps dans les choses futures ,
Loin d’appliquer en vain nos soins à les chercher ,
Ignorons sans douleur ce qu’il veut nous cacher.
Ce n’est donc point pour n’avoir pas fait usage
du mimstère des Dieux, mais pour avoir ignoré l’art
de bien conduire les affaires des hommes, que Lucain
estsi inférieur à Virgile. Faut-il qu’après avoir peint
Céfar , Pompée , Caton , avec des traits si forts , il soit
si faible quand il les fait agir ? Ce n’est presque plus
qu’une gazette pleine de déclamations ; il me semble
que je vois un portique hardi et immense qui me
sonduit à des ruines.
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