Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Vingt-Deuxieme): Précis du siècle de Louis XV. — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen, Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90795482]

Page: 156
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156 PROGRÈS DE LOUIS XV.
invincible. Les Français eurent peu de personnes
de marque blessées dans cette journée. Le fils du
comte de Ségur eut la poitrine traversée d’une balle ,
qu’on lui arracha par l’épine du dos , et il échappa
à une opération plus cruelle que la blessure même.
Le marquis de Lngeac reçut un coup de leu qui lui
sracasia la mâchoire, entama la langue , lui perça les
deux joues. Le marquis de Laval qui s’était distingué
à Melle, le prince de Monaco, le marquis de Vaubecour,
le comte de Balleroi furent blessés dangereusement.
Cette bataille ne fut que du sang inutilement
répandu , et une calamité de plus pour tous les partis.
Aucun ne gagna ni ne perdit de terrain. Chacun
prit ses quartiers. L’armée battue avança même
jusqu’à Tongres ; l’armée victorieuse s’étendit de
Louvain dans ses conquêtes, et alla jouir du repos
auquel la saison d’ordinaire force les hommes dans
ces pays, en attendant que le printemps ramène les
cruautés et les malheurs que l’hiver a suspendus.
CHAPITRE XIX.
Succès de l'infant dom Philippe et du maréchal de
Maillebois, fuivis des plus grands défastres.
Il n’en est pas ainsi dans l’Italie et vers les Alpes.
Il s’y passait alors une scène extraordinaire. Les plus
trisles revers avaient succédé aux prospérités les
plus rapides. La maison de France perdait en Italie
plus qu’elle ne gagnait en Flandre , et les pertes
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