Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Vingt-Deuxieme): Précis du siècle de Louis XV. — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen, Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90795482]

Page: 165
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GUERRE EN ITALIE etc* 165
ce que Philippe V avait fait pour un fils. Ce qui restait
de cette ssorissante armée des trois couronnes courait
risque plus que jamais d’être enfermé sans resfource ;
elle était entre le Pô, le Lambro , le Tidone et la
Trébie. Se battre en rase campagne ou dans un
poste contre une armée supérieure , est très-ordinaire :
sauver des troupes vaincues et enfermées, est très-
rare ; c’est l’efsort de l’art militaire.
Le comte de Maillcbois, fils du maréchal, osa pro- Retraitexa-
poser de se retirer en combattant; il se chargea de vante,
l’entreprise, la dirigea sous les yeux de sou père ,
et en vint à bout. L’armée des trois couronnes passa Bataille
toute entière en un jour et une nuit sur trois ponts, en feUnt
avec quatre mille mulets chargés , et mille chariots
de vivres , et se forma le long du Tidone. Les mesures
étaient si bien pnses que le roi de Sardaigne et les
Autrichiens ne purent l’attaquer que quand elle put
se défendre. Les Français et les Espagnols soutinrent
une bataille longue et opiniâtre , pendant laquelle ils
ne furent point entamés.
Cette journée , plus estimée des juges de l’art
qu’éclatante aux yeux du vulgaire , fut comptée pour
une journée heureuse , parce que l’on remplit l’objet
proposé : cet objet était triste , c’était de se retirer par
Tortone, et de lai sier au pouvoir de l’ennemi Plai-
sance et tout le pays. En esset le lendemain de cette
étrange bataille , Plaisance se rendit, et plus de trois
mille malades y furent faits prisonniers de guerre.
De toute cette grande armée qui devait subjuguer
l’Italie, il ne resta enfin que seize mille hommes esfec-
tiss àTortone. La même chose était arrivée du temps
de Louis XIV après la journée de Turin. François I,
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