Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Vingt-Deuxieme): Précis du siècle de Louis XV. — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen, Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90795482]

Page: 378
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de France près d’une année. Aucune puissance
étrangère ne le secourut. Quelques anglais seule-
ment, amoureux de cette liberté dont il était le
defenseur et dont il allait être la victime , lui
envoyèrent de l’argent et des armes; caries Corses
étaient mal armés : ils n’avaient point de fusils à
baïonnette ; même quand on leur en fit tenir de
Londres, la plupart des Corses ne purent s’en servir ;
ils préférèrent leurs mousquetons ordinaires et leurs
couteaux ; leur arme principale était leur courage.
Ce courage fut si grand que dans un des combats
vers une rivière nommée le Gaulo, ils se sirent un
rempart de leurs morts pour avoir le temps de
charger derrière eux avant de faire une retraite
nécessaire ; leurs blessés se mêlèrent parmi les morts
pour raffermir le rempart. On trouve par-tout de
la valeur, mais on ne voit de telles actions que chez
des peuples libres. Malgré tant de valeur ils furent
vaincus. Le comte de Vaux , sécondé du marquis de
Marbœuf, sournit l’île en moins de temps que le
maréchal de Maillebois ne l’avait domptée.
Le duc de Choifeul, qui dirigea toute cette entre-
prise , eut la gloire de donner au roi son maître une
province qui peut aisément, si elle est bien cultivée ,
nourrir deux cents mille hommes, fournir de braves
soldats, et faire un jour un commerce utile.
On peut observer que si la France s’accrut sous
Louis XIV de l’Al sace , de la Franche-Comté et
d’une partie de la Flandre , elle fut augmentée sous
Louis XV de la Lorraine et de la Corse.
Ce qui n’est pas moins digne de remarque , c est
que parles soins du même ministre, les possestions
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