L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 2)

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HANS HOLBEIN (LE JEUNE). 99

l'enleva dans toute la force de là vie et du talent. En intei-rogeant les archives de Saint-Paul, M. Black
a été assez heureux pour retrouver son testament, le voici :
« Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit,

« Moi, Jean Holbein, serviteur de Sa Majesté le Roi, je fais savoir par ceci, qui est mon testament
et ma volonté dernière, que je veux que tout mon avoir soit vendu-et mon cheval aussi, et que mes
dettes soient payées, à savoir :

« D'abord à M. Anthony de Greenwich, serviteur du Roi, la somme de 10 livres 13 schillings
7 pences sterling. Et, en outre, je veux qu'on lui donne satisfaction pour toutes les autres choses entre
lui et moi.

a Item. Je dois à M. John of Anvarpe, orfèvre, 6 livres sterling, qui lui seront payées en même
temps que la dette sus-énoncée.

« Item. Je lègue pour l'entretien de mes deux enfants, qui sont en nourrice, 'pour chaque mois,
7 schillings et 6 pences sterling.

« En témoignage de quoi j'ai scellé et scelle ceci, qui est mon testament, le j° jour d'octobre de
l'an du Seigneur 1543.

« Témoins : Antony Succher, armurier; John of Anwarpe, déjà nommé; Olrych Obynger, mar-
chand, et Harry Maynert, peintre. »

Au bas de cette pièce se trouve, sous la date du 29 novembre de la même année, la nomination de
John of Anwarpe en qualité d'exécuteur testamentaire; d'où il faut conclure qu'Hans Holbein avait
cessé d'exister avant le 29 novembre; entre ce jour et le 7 octobre est la date inconnue de sa fin.

Quelles furent ses funérailles? On ne le sait pas; mais du testament que nous venons de citer il
semble résulter qu'il est mort pauvre; du reste il vécut dans la gêne, touchant toujours par anticipation
le traitement pour lequel il était porté sur les rôles de la maison du Roi. Cette condition provenait-elle
d'inconduite ou ne résultait-elle point de la nécessité où Holbein se trouvait de vivre à Londres, et
de subvenir aux besoins de sa famille de Bâle? Pour expliquer cette pauvreté il faut, pensons-nous,
admettre l'une et l'autre de ces causes, et ranger Holbein parmi ces artistes insouciants qui ne savent
ni tirer partie de leur talent ni mener leurs affaires. Le nombre des toiles d'Holbein est considérable;
« mais, dit M. Woltmann, même dans les royales et aristocratiques collections de l'Angleterre, un cin-
quième des productions qu'on lui attribue ne sont pas de sa main; » et M. Thoré ajoute : « à la grande
exposition de 1866 figuraient beaucoup de portraits postérieurs à 1543, et même à 1554, entre autres
un portrait appartenant au marquis de Bath, avec la date de r =566 ; et même un portrait provenant de
Hampton-Court, avec la date de 1572 ! Sur les soixante Holbein rassemblés dans cette exhibition, neuf
seulement sont vrais, et, toujours suivant M. Woltmann, sur vingt-sept portraits attribués à Holbein
dans la galerie royale de Hampton-Court, deux seuleirîent sont authentiques; ce sont ceux de Raskymer
et de lady Vaux. » Les portraits du Louvre ont mieux résisté à l'examen de l'habile connaisseur
allemand ; sur les huit il n'en rejette que deux, ceux portés au catalogue sous le n° 209, Portrait
d'homme âgé, et sous le n° 212, Portrait de sir Richard Southivell.

Après avoir parlé d'Holbein comme peintre, disons quelques mots de l'originalité puissante de son
crayon et de ses admirables dessins. Mais auparavant mentionnons, en passant, qu'il sculptait, témoin
un buste en buis de Henri VIII, travaillé avec une exquise délicatesse, pièce curieuse de la collection
d'Horace Walpole. Il faisait, comme l'on dit vulgairement, tout ce qui concernait son état. Dans son
temps, et bien plus tard, il en fut encore ainsi; les peintres attachés aux cours non-seulement tenaient
la palette, mais ils étaient ordonnateurs des fêtes, architectes, ornemanistes, ciseleurs de bijoux et des-
sinateurs de tapisseries et de meubles. C'est ainsi que sir Sloane possède de la main d'Holbein un
album de dessins d'ameublements, d'armes et de petits outils de toilette.

Nous n'avons point la jîensée d'énumérer les gravures sur bois qui ont été exécutées d'après
Holbein; la première est datée de 1516 et nous avons déjà dit qu'en 1518 il avait illustré Y Utopie de
Thomas Morus. Les curieux qui voudraient connaître cette partie si intéressante de l'œuvre de
l'artiste peuvent consulter l'ouvrage de M. A. Didot sur la gravure sur bois. Nous nous contenterons
de signaler les trois plus grands travaux en ce genre du peintre bâlois : Y Alphabet de la mort, les
Icône mortis, plus connus sous le nom de Simnlachres de la mort et les Figures de la Bible.
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