L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 2)

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L'ART.

par suite des événements politiques. Le gouvernement du roi
Alphonse a rendu, le 7 mai, un décret qui les réorganise.
D'après le nouveau règlement en trente-quatre articles, une
exposition des Beaux-Arts aura lieu tous les trois ans, à Madrid,
en octobre. La première de la nouvelle série s'ouvrira cette
année. Les artistes étrangers sont invités à y prendre part avec
les artistes espagnols. L'exposition est divisée en trois sections,
peinture, sculpture, architecture. Sont exclues les œuvres d'ar-
tistes morts, celles d'artistes vivants ayant déjà figuré à d'autres
expositions espagnoles, les anonymes et les copies. Il y aura un
jury d'admission, composé de vingt membres, présidé par le
ministre de l'instruction publique ; parmi les membres, sont dési-
gnés d'avance le président de l'Académie de San Fernando, les
trois chefs de section de cette Académie, les deux directeurs de
l'École de peinture et d'architecture et le directeur du Musée
national; un fonctionnaire de l'un des départements ministériels
remplira les fonctions de secrétaire ; les onze autres membres du
jury seront élus à la majorité des suffrages par les artistes expo-
sants. Les récompenses, au nombre de vingt-quatre, consistent
en diplômes et en médailles d'or, d'argent et de bronze. Les frais
de l'Exposition sont à la charge de l'État qui se réserve l'achat
des œuvres couronnées.

— Le cœur de Fortuny, offert à sa ville natale par son beau-
frère le peintre Madrazo, sera placé dans le monument qui sera
élevé à sa mémoire à Reus (Catalogne).

Grèce. — On assure que les antiquités grecques prises au
Parthénon par lord Elgin, et perdues en mer par suite du nau-
frage de l'un des vaisseaux de la flotte anglaise, ont été retrou-
vées sous les eaux, sur le littoral de la province de Maïna.

Italie. ■— Une nouvelle revue artistique, qui vient de pa-
raître à Rome sous le titre de Rorna arlistica, nous apprend que
le Raphaël du palais Borghèse, la Descente de Croix, a été confié
par le prince Borghèse à l'Académie de Saint-Luc, pour être
restauré par un artiste compétent, à désigner par les académi-
ciens. On a constaté de nombreuses craquelures sur le tableau i
qui est assez endommagé.

— Un beau portrait de Raphaël appartenant au cardinal
Mossarenti suscite à Rome une controverse parmi les artistes et
les connaisseurs. D'après de très-bons juges, ce portrait, qui re-
présente l'artiste à l'âge de vingt-cinq ou vingt-six ans, aurait
été peint par Raphaël lui-même. D'autres critiques non moins
autorisés contestent cette opinion.

—■ Le gouvernement italien réorganise, sous la direction du
commandeur Aloys Juvara, l'établissement chalcographique
fondé à Rome en 1732 par le pape Clément XII, et depuis long-
temps délaissé par ses successeurs. Cet établissement possède
près de 15,000 planches gravées par des maîtres tels que Marc-
Antoine, Salvator Rosa, Diana Pianelli et autres, d'après les
tableaux les plus célèbres de l'école italienne. Le gouvernement
est décidé à relever la chalcographie. Un crédit annuel de
40,000 francs est mis à sa disposition pour favoriser la produc-
tion d'œuvres nouvelles.

— L'Academy de Londres résume une conférence donnée le
29 avril à la Société philologique de Florence par M. Heath j
Wilson, qui avait choisi pour sujet les fresques de la chapelle
Sixtine. Les observations suivantes, par lesquelles le conféren-
cier a terminé son étude, donnent une triste et malheureusement
trop juste idée de l'état dans lequel se trouvent ces chefs-
d'œuvre :

« On pouvait supposer que rien ne serait épargné pour assu-
rer la parfaite conservation des fresques de la chapelle Sixtine.
Tel n'est pas le cas. Elles sont négligées. Elles ont été maltrai-
tées de parti pris. Par qui? Est-ce par la barbarie d'une solda-
tesque étrangère ou par le vandalisme d'une populace émeutière?
En aucune façon, mais par le sacristain et le tapissier décorateur
de l'église. Ces ignorants, ennemis inconscients du génie et de

ses œuvres, ont enfumé de leurs torches et noirci'comme de
l'encre les plus nobles peintures de l'univers, ou cloué leurs ten-
tures de fête sur les plus précieux spécimens de l'art italien.

« Plusieurs pieds carrés de la fresque du Jugement dernier
ont été effacés par des échelles qu'on y a placées pour y sus-
pendre la tapisserie d'un autel dont le soutien en fer est fiché et
fixé dans la peinture.

« Les toiles d'araignée foisonnent au plafond, et l'activité de
l'insecte, profitant d'une sécurité trop rarement troublée, tisse
des myriades de rets sur la pièce principale de la voûte. Mais
ce n'est pas tout. A certaines époques, la voûte a été lavée sur
plusieurs points par les mains les plus rudes avec un liquide
caustique, dont les détériorations ne laissent pas d'espoir de
restauration. En mainte place, le plâtre est tombé et a été
recollé avec une incurie dont on rougirait dans la masure d'un
pauvre...

« Florence est sur le point de célébrer le quatrième centenaire
de la naissance de son grand artiste qui fut en même temps un
de ses plus nobles citoyens. Cette solennité serait incomplète si
elle se passait sans une protestation contre ces scandales, sans
qu'on avisât aux moyens de protéger à l'avenir les fresques de
Michel-Ange à "Rome. »

En effet, les fêtes du quatrième centenaire de Michel-
Ange sont décidément fixées au mois de septembre prochain.
Elles auront lieu à Florence du 10 au 15. Néanmoins, consultez
les affiches. L'exposition des œuvres de Michel-Ange offrira un
grand intérêt. Indépendamment des œuvres qui se trouvent à
Florence, elle comprendra des œuvres tirées de toutes les collec-
tions de l'Europe, libéralement mises à la disposition du comité,
par les administrations des musées et les gouvernements étran-
gers, et des photographies de toutes les œuvres qui ne pourront
pas être exposées.

— Des voleurs ont dérobé le David du Dominiquin, tableau
célèbre, qui faisait l'orgueil de la petite ville de Fano, sur
l'Adriatique, à 11 kilomètres de Pesaro. Le tableau a été retrouvé,
mais dans un triste état, criblé d'égratignures du haut en bas de
la toile. Ulllustraiione universale de Milan, dans' son numéro du
30 mai, en donne un dessin qui emprunte au vol l'attrait de
l'actualité. Le héros, le torse nu, les jambes nues, la figure
rayonnante de cette joie modeste qui sied au vainqueur, tient de
la main gauche la tête de Goliath et de la droite brandit l'épée
qui l'a tranchée. Dans le lointain, on voit palpiter le corps déca-
pité du géant, et fuir à perdre haleine les Philistins vaincus. Les
voleurs envient sans doute le sort de ces troupes débandées. Ils
sont entre les mains de la justice et leur procès s'instruira pro-
chainement. Mais on se demande, non sans inquiétude, s'ils sont
bien les véritables auteurs et non pas seulement les instruments
du délit.

— Le paysagiste allemand Karl Reichardt a récemment
découvert, à Venise, six grandes tapisseries de la manufac-
ture des Gobelins, copiées des peintures célèbres de Rubens
dans la galerie du prince de Liechtenstein, à Vienne, et repré-
sentant des événements de la vie de Decius Mus. On savait que
ces tableaux avaient été exécutés afin d'être reproduits en tapis-
serie, mais les tapisseries elles-mêmes étaient jusqu'à présent
restées complètement inconnues. Elles ont été achetées par le
prince Solms, un neveu du prince de Liechtenstein.

— Le sculpteur Vincenzo Consani de Florence, un des sculp-
teurs italiens les plus distingués, — la dernière exposition univer-
selle donna de lui une Victoria et la statue étendue de la comtesse
Mathilde, etc., — travaille maintenant au monument d'Antonio
Rosmini, qu'on va ériger au philosophe dans sa ville natale,
Roveredo. Le plan, exécuté grandeur nature, donne la meilleure
idée de la statue commémorative conçue dans des dimensions
colossales. Rosmini est représenté debout, plongé dans la médi-
tation, la tête penchée un peu en avant, tournée vers la droite. II
porte le costume de la confrérie fondée par lui (fratelli délia
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