L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 2)

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EXPOSITION RÉTROSPECTIVE DE NANCY. 415

buent celles auxquelles ils trouvent le plus de mérite. Parmi celles-ci, nous citerons un très-beau cru-
cifix dans un encadrement finement sculpté, une Sainte Anne apprenant à lire à la Vierge en présence
de deux anges, une jolie vierge, un bénitier remarquable, et une charmante statuette en bois, repré-
sentant Mgr Georges d'Aubusson de la Feuillade, évèque de Metz. C'est une des perles de PExposition,
et elle est vraiment surprenante de vie et d'expression. Bagard était un artiste d'un grand mérite,
et il est fâcheux pour sa réputation qu'on lui attribue si souvent les ouvrages des autres.

Son élève, Jacob Sigisbert Adam, est le chef d'une famille qui a acquis une assez grande impor-
tance dans les arts. Ses trois fils ont laissé un nom dans la sculpture, mais je crois que c'est à leur
père plutôt qu'à eux qu'on doit attribuer la plupart des statuettes qui figurent à l'Exposition et qui sont
cataloguées sous le nom d'Adam tout court. En effet, dom Calmet nous apprend qu'il a fait une
quantité de petites figures très-répandues dans toute la province. Tout nous porte à attribuer avi chef

Georges d'Aubusson de la Feuillade, évèque de Metz. Saint Christophe.

Statuette en bois par César Bavard appartenant à M. du Cactlosquet. Statuette par Adam appartenant à Mme de Haldat.

Gravure de F. Méaulle.

de la famille les jolies statuettes que nous voyons ici, et notamment le Saint Christophe portant le
Christ. Les terres cuites, comme le Marchand de pain, Y Enfant au bouc, les Bergers en adoration, n'ont
pas un caractère bien spécial qui puisse déterminer lequel des Adam en est l'auteur.

Clodion est représenté à l'Exposition par de jolis bas-reliefs d'enfants et des bacchantes en terre
cuite, traitées avec ce style élégant et fin qui donne tant de charme à ses statuettes. Au reste, les
ouvrages de Clodion sont moins communs en Lorraine qu'on ne serait tenté de le croire ; le commerce
parisien en est trop avide pour en laisser subsister beaucoup dans le pays natal de l'artiste. En revanche,
on peut voir dans la rue Saint-Dizier, à Nancy, une maison entièrement décorée par Clodion : elle a
été construite pour un riche fabricant d'outils en fer dont le genre de commerce est rappelé dans une
élégante suite de bas-reliefs et d'emblèmes.

Parmi les terres cuites de l'Exposition, nous devons également signaler l'Enfant à la gourde et un
excellent groupe d'Hercule et Oinphale, par Barthélémy Guibal, statuaire de mérite, auquel on doit les
belles fontaines décoratives de la place Stanislas, à Nancy, et qui, en outre, fut le professeur de
Cyfîlé, l'artiste le plus populaire de la Lorraine. Le maître et l'élève avaient fait en collaboration une
statue de Louis XV; mais quand elle fut terminée, une vive contestation s'éleva entre'les deux artistes
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