Aguilar y Cuadrado, Raphael
Guadalajara - Alcalá: 48 ilustr. con texto — Barcelona, 1914

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Mendoza assure que Sancho IV y tînt sa cour et il est certain que
c’est à Guadalajara que fut négocié le mariage de la fille de ce roi,
D.* Isabel, avec D. Jaime d’Aragon.
Au milieu du quatorzième siècle, la noble famille des Mendoza,
originaire de la région d’Alava, établit son domicile à Guadalajara.
Du mariage de l’ancêtre de la famille, D. Gonzalo Yañez, montero
mayor du roi Alphonse XI, avec D.* Juana Fernandez de Orozco,
dame de Buitrago et de Hita, devait sortir la Maison de l’Infantado,
qui donna à la ville son plus grand lustre et l’enrichit de son plus
magnifique et de son plus durable monument. La gloire et la puissan-
ce des Mendoza et de Guadalajara furent élevées à leur apogée par
D. Iñigo López, le fameux marquis de Santillana, premier du nom, à
qui la postérité, en confirmant le jugement des contemporains, donne
les titres de poète, de savant, d’homme d’Etat et de guerrier. En
1475 les Rois Catholiques créèrent en faveur du fils aîné de cet
homme illustre, D. Diego, le titre de duc de l’Infantado: dès lors l’his-
toire de Guadalajara se confond avec celle de cette opulente mai-
son. Les Rois Catholiques eux-mêmes visitèrent la ville par trois
fois. En 1525 François I, roi de France, s’y reposa pendant quelques
jours, alors que le prisonnier de Pavie gagnait Madrid. Le roi de
France fut logé et fêté à Guadalajara par le troisième duc de l’In-
fantado avec tant de pompe et de magnificence que le prisonnier
royal déclara que la meilleure preuve de la puissance de son rival
victorieux, l’empereur Charles Quint, était d’avoir un tel vassal et
de posséder une ville habitée par une telle noblesse.
C’est au temps du deuxième duc de ¡’Infantado et vers la fin du
quinzième siècle que fut élevé le palais digne de seigneurs de cette
Importance. Sa façade, sa cour monumentale, ses salles et ses gale-
ries montrent des caprices et des audaces, où les derniers efforts de
l’art gothique s’unissent aux premiers essais de la Renaissance et
où la fantaisie la plus débridée atteint à des formes nouvelles de
beauté. La façade, hérissée de «pointes de diamant», a une porte
littéralement brodée d’arabesques gothiques. La cour rectangulaire
forme un ensemble admirable: elle a deux étages de galeries qui
comptent sept arcades dans le sens de la longueur et cinq dans le
sens de la largeur; elles sont surbaissées et composées de diverses
•ourbes et «décrochements»; les piliers du bas sont de simples co-
lonnes toscanes, celles de haut ont la forme d’une spirale ornée de
feuillages et couronnée par une guirlande. Le parapet qui entoure
la galerie supérieure est de pur dessin gothique; sur ses balustres
alternent les écussons des Mendoza et des Luna, dont les casques
ont pour cimiers des aigles et des griffons.
L’architecte de ce palais historique fut Juan Guas, qui eut pour
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