Cagnat, René
Musée de Lambèse: promenades archéologiques en Algérie et en Tunisie — Paris, 1895

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LE MUSÉE DE LAMBÈSE

il put faire, en peu de temps, de nombreuses et belles découvertes. Le
résultat de cette campagne, à laquelle nous devons la majorité des
monuments trouvés à Lambèse, fut la création d'un musée, provisoire-
ment établi dans l'intérieur du Praetorium. C'était, en effet, un local
tout indiqué pour y déposer les différentes antiquités recueillies soit
dans l'enceinte du camp, alors moins détruite que de nos jours, soit
dans la ville voisine ; on eût pu, si on eût voulu, l'aménager sans tarder,
de façon à mettre à l'abri des intempéries les objets exposés ; on ne
le fit point alors, et, aujourd'hui encore, les choses sont, malheureuse-
ment, dans le même état..

Depuis le passage de L. Renier, les trouvailles se sont succédé à
Lambèse sans interruption : officiers de la garnison de Batna, colons,
directeurs de la maison centrale, archéologues de France ou d'Algérie,
tous y concoururent; les collections du Praetorium en ont profité.

Ce n'est pas là pourtant le seul endroit où l'on ait rassemblé
les monuments que le sol rendait journellement : le pénitencier forma,
dès l'origine, une seconde section. Des pierres avec inscriptions ou
bas-reliefs furent encastrées dans les murs des différents bâtiments;
d'autres furent rassemblées soit dans les cours, soit dans le jardin de
l'administration, où elles sont encore actuellement. A diverses reprises,
cette collection du pénitencier s'augmenta à la suite de fouilles heu-
reuses entreprises par lesdirecteurs de la maison centrale de correction ;
il y a quelques années à peine que de nouvelles pierres y ont été appor-
tées, provenant du temple de Jupiter Dolichenus.

Malheureusement, il n'a été tenu aucun registre d'entrée dans ces
dépôts d'antiquités; et, si les inscriptions ont été à peu près toutes
publiées à l'époque de leur découverte, soit par L. Renier, soit par
la Société archéologique de Constantine, les monuments figurés sont
restés généralement inédits. Il est donc à peu près impossible aujour-
d'hui de savoir, pour la plupart d'entre eux, à quel point précis des
ruines ils ont été trouvés, et à quelle époque. Peu de collections,
même algériennes, ont été formées avec plus de bonne volonté con-
tinue, et moins de méthode, que celles de Lambèse.
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