Cagnat, René
Carthage, Timgad, Tébessa et les villes antiques de l'Afrique du Nord — Paris, 1927

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LA CARTHAGE PUNIQUE ET LA CARTHAGE ROMAINE 9

les pâtes de verre alternent avec les glands de cristal; les médaillons
d'or filigrané avec l'agathe ou la cornaline; les boules d'onyx avec les
petits masques de faïence rehaussés par des applications de verre coloré.
Les amulettes abondent : pour les pauvres, des scarabées, des ivoires, des
coquillages; pour les riches, l'œil d'osiris, l'ureeus en pierres précieuses
ou encore de petits étuis d'argent ou d'or renfermant des plaques de même
métal surchargées de figures divines avec des formules et des prières.
Tels étaient les habitants de Carthage au moment où les Romains

Bijoux carthaginois.

commencèrent à s'occuper d'elle, pour son malheur. Comment étaient dis-
posées les rues, comment étaient construits les temples, les édifices
publics, les maisons? Plût au Ciel que nous pussions le dire. Les uns
sont d'un avis, les autres d'un autre. Un de ceux qui ont écrit en dernier
lieu sur Carthage avance que les rues devaient être droites, pour mieux
intercepter les rayons solaires ; tandis qu'un contradicteur estime qu'elles
étaient étroites, et tortueuses, avec d'innombrables impasses, irrégulière-
ment disposées le long des grandes artères. La vérité est qu'il ne reste à
peu près rien de la cité punique. Nulle part, même sur Byrsa où l'on a
creusé il y a une vingtaine d'années, pour la construction de la nouvelle
cathédrale, des puits poussés jusqu'au rocher, on n'a retrouvé un mor-
ceau important dont on puisse affirmer qu'il lui ait appartenu. Tout au
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