Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Dixieme): La Henriade: Poeme — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen. Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90793692]

Page: 141
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CHANT SEPTIEME. 14*
Sur cette loi, sans doute, il juge les païens,
Et si leur cœur fut juste , ils ont été chrétiens.
Tandis que du héros la raison confondue
Portait sur ce mystère une indiscrète vue,
Aux pieds du trône même une voix s’entendit;
Le ciel s’en ébranla, l’univers en frémit;
Ses accens ressemblaient à ceux de ce tonnerre,
Quand du mont Sinaï Dieu parlait à la terre.
Le chœur des immortels se tut pour l’écouter;
Et chaque astre en son cours alla le répéter.
A ta faible raison garde-toi de te rendre;
Dieu t’a sait pour l’aimer et non. pour le comprendre.
Invisble à tes yeux, qu’il règne dans ton cœur;
Il confond l’injuflice, il pardonne à l’erreur ;
Mais il punit aufl toute erreur volontaire ;
Mortel, ouvre les yeux quand fon foleil t’éclaire.
Henri dans ce moment, d’un vol précipité,
Est par un tourbillon dans l’espace emporté,
Vers un séjour informe, aride, affreux, sauvage,
De l’antique chaos abominable image,
Impénétrable aux traits de ces soleils brillans,
Chef-d’œuvres du Très-Haut, comme lui bierïfesane.
Sur cette terre horrible et des anges haïe ,
Dieu n’a point répandu le germe de la vie.
La mort, l’assreuse mort et la confusion
Y semblent établir leur domination.
Quelles clameurs, ô Dieu! quels cris épouvantables !
Quels torrens de fumée! et quels feux effroyables!
Quels monstres, dit Bourbon, volent dans ces climats!
Quels goussres enssammés s’entr’ouvrçnt sous mes pas!
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