Voltaire; Thurneysen, Johann Jakob [Oth.]; Haas, Wilhelm [Oth.]
Oeuvres Complètes De Voltaire (Tome Dixieme): La Henriade: Poeme — A Basle: De l'Imprimerie de Jean-Jaques Tourneisen. Avec des caractères de G. Haas, 1785 [VD18 90793692]

Page: 175
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CHANT NEUVIEME. V5
Encore une victoire, et mon trône est en poudre.
Aux remparts de Paris Henri porte la foudre.
Ce héros va combattre, et vaincre et pardonner;
De cent chaînes d’airain son bras va m’enchaîner.
C’est à toi d’arrêter ce torrent dans sa course.
Va de tant de hauts faits empoisonner la source.
Que sous ton joug, Amour,Al gémisse abattu;
Va dompter son courage au sein de la vertu.
C’est toi, tu t’en souviens , toi dont la main fatale
Fit tomber sans esfort Hercule aux pieds d’Omphale.
Ne vit-on pas Antoine amolli dans tes fers,
Abandonnant pour toi les soins de l’univers,
Fuyant devant Auguste et te suivant sur l’onde ,
Préférer Cléopâtre à l’empire du monde?
Henri te relie à vaincre après tant de guerriers ;
Dans ses supeibes mains va ssétrir ses lauriers ;
Va du myrte amoureux ceindre sa tête altière ;
Endors entre tes bras son audace guerrière.
A mon trône ébranlé cours servir de soutien :
Viens, ma cause est la tienne , et ton règne est le mien.
Ainsi parlait ce monstre, et la voûte tremblante
Répétait les accens de sa voix effrayante.
L’Amour qui l’écoutait, couché parmi des sseurs,
D’un souris fier et doux répond à ses fureurs.
Il s’arme cependant de ses ssèches dorées;
Il fend des vastes cieux les voûtes azurées ;
Et précédé des Jeux, des Grâces, des Plaisirs ,
Il vole aux champs français sur l’aile des Zéphyrs.
Dans sa course d’abord il découvre avec joie
Le faible Ximoïs, et les champs où fut Troie, (c)
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