L' art: revue hebdomadaire illustrée — 1.1875 (Teil 2)

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HANS HOLBEIN (LE JEUNE). 53

chercher un terme de comparaison dans les lettres? — il a apporté dans son art les qualités méticu-
leuses et solides de Meissonier, son maître, vertus réelles et qui n'excluent certes pas la largeur.

La vie de ce peintre de vingt-six ans est déjà, on le voit, pleine de travaux et de succès. Elle
n'en est qu'à son aurore et les fruits mûrs sont déjà venus. Avec un autre caractère que celui de
M. Edouard Détaille on eût pu craindre que ces rapides triomphes n'eussent sur la destinée de l'artiste
une influence fâcheuse. Mais l'auteur du Défilé est — heureusement pour lui et heureusement pour
notre jeune école française — de ceux qui ne voient dans la louange qu'un coup d'éperon pour les
travaux futurs et qui, loin de s'endormir sur un succès, travaillent aussitôt à les faire oublier par des
oeuvres nouvelles et de nouveaux succès.

Jules Claretie.

HANS HOLBEIN

(le jeune)
(suite1.)

e grand peintre fut reçu bourgeois de Bâle le 3 juillet 1^20 : c'est
donc avec orgueil qu'aujourd'hui les Bâlois peuvent dire « notre
Holbein ». Cette ville s'est montrée digne de cet honneur par son
respect pour les œuvres de son fils d'adoption. Dans la même
année i$20, le nouveau bourgeois entra dans « la tribu du ciel »,
tribu composée d'une façon assez singulière, comprenant les pein-
tres, les barbiers et les selliers, gens qui ne devaient guère parler la
même langue, étrange assemblage de professions qui ne pouvaient
avoir ni plaisirs, ni études, ni intérêts communs.

Vers cette époque, Holbein fit une insigne folie; il se maria avec
une femme plus âgée que lui et il ne l'épousa certainement pas plus pour sa fortune que pour sa
beauté. Cette femme, disgracieuse en tous points, se nommait Elisabeth Schmidt, et la légende, qui
joue toujours un si grand rôle dans la biographie des artistes, s'est fort occupée d'Elisabeth. Elle l'a
représentée comme une femme acariâtre, digne pendant de celle d'A. Durer. Nous en demandons
pardon à la légende, cette accusation ne repose sur aucun témoignage avéré. Dans la belle peinture
qu'Holbein nous a laissée d'Elisabeth et de deux de ses enfants, elle est affreusement laide, — vrai-
ment plus qu'il n'est décent, — elle a l'air ennuyeux, maussade et malheureux, mais non acrimonieux
et méchant.

De cette triste union naquirent trois filles et plusieurs fils. Ses filles furent : Catherine, mariée à
un boucher, morte en 1590; Cunégonde, qui épousa un meunier, décédée en 1594; enfin, Félicité.

1. Vpir tome ii, page 12.
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