L' Exposition de Paris (1900) (Band 3) — Paris, 1900

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N° 37

L'EXPOSITION DE PARIS.

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PALAIS DES INVALIDES

Mobilier et Industries diverses

(Sections étrangères).
[Suite')
Los diverses provinces qui constituent la mo-
narchie hongroise nous offrent une curieuse expo-
sition où se mêlent, à des reconstitutions archéo-
logiques et ethnographiques, des exemples divers
de recherches dans une nouvelle voie architec-
lurale et ornementale. A cet art qui surgit avec
des prétentions à la nouveauté, on peut ohjecter
ce qu'on est en dro '
innovées en d'au!
continuel, presqu
l'originalité à tou
dédain des règles
ques
des lois
lité

quelques réserves faites, on doit admirer la puis-
sance d'imagination qu'ont déployée les archi-
tectes des sections austro-hongroises. Ces essais,
ces recherches valent toujours mieux que les fa-
ciles reconstitutions d'e.xemples admirés; on y
sent une œuvre d'artiste, tandis que les reconsti-
tions relèvent uniquement de l'archéologie.

Au premier étage, une série de pièces nous
montre divers arrangements : un intérieur
tchèque, pittoresque, mais théâtral, tendances
néo-style dans des lignes Renaissance; un inlé-

dont on avait fait grand bruit, produirait un
excellent effet dans un gros drame, plus ou moins
historique. Dans les arts du feu, il faut signaler les
émaux de Rapaport, de jolies faïences de Lengyel
Lormez, a reflets métalliques et couvertes d'infinis
détails. N'oublions pas les verreries de Rohême
si connues et qui se répètent depuis des temps
immémoriaux.

Passons aux contrées septentrionales, dont
l'art industriel, d'une inspiration plus nette, se
montre avec une unité d'expression qu'on ne
rencontre pas ailleurs. La société anonyme des
métiers d'art suédois expose des tentures et des
brodrries, très simples et très décoratives. La
Norvège dispose d'un ensemble plus com-
plet, avec « la fabrique norvé-
gienne de tapisseries faites à
dont la direc-
artistique est
Frida Han-
sujcts,
naïveté
sont

Le Palais des Invalides. — Fontaine d'applique, avec hauts reliefs et tympan décoratif en céramique modelée et peinte (Section allemande).

employés, un abus fatigant des lignes flexueu-
ses, des ondulations, en nœuds de lanières.
Chez les artistes industriels autrichiens, ces
exagérations sont particulièrement manifestes,
et l'usage des tons rompus, des gris teintés qui
accompagnent les formes ne va pas sans éveiller
comme un sentiment de tristesse. Ces défauts,
si l'on peut s'exprimer ainsi, sont affirmés plus
particulièrement dans le salon autrichien du
premier étage, qui a un faux air d'hypogée.

D'autre part, on doit rendre justice au souci
d'art qui a présidé à l'arrangement général de
cette exposition, au décor commun qui accom-
pagne les envois des exposants. Ni le temps, ni
la peine, ni les efforts n'ont été épargnés, et,

1 • Voir pave Î87
11 j

rieur de Galicie (Pologne autrichienne) en chêne
gravé et doré se rapproche du byzantin russe;
un intérieur viennois, en acajou foncé, avec des
tentures grises, très modem style, manque de
gaieté.

L'intérieur de Salzbourg est franchement
Renaissance, avec tenture de cuirs frappés; dans
la section hongroise, une collection d'art indus-
triel actuel de la Styrie est à remarquer. La Hon-
grie, de son côté, nous offre des exemples de
style nouveau. M. H. Kramer nous présente un
mobilier très simple, un peu lourd, mais plein
de caractère; celui de M. J. Rernsteim, en aca-
jou très contourné, se détache sur une jolie tapis-
serie camaïeu gris bleu, avec des réveils d'or; un
peu triste. La fameuse chambre de saint Etienne,

traités en tons posés à plat, sans modelés;
les colorations sont fines et harmonieuses; un
peu trop de légendes d'un moyen âge de fan-
taisie. La fabrication est faite au moyen de
laines filées à la main, et teintes par l'emploi
de couleurs végétales. Les « Écoles et ateliers
pour tapisseries, subventionnés par l'État », se
distinguent par un parti pris de simplicité, et
par l'emploi de couleurs crues, sans demi-temtes
de transition; c'est le procédé des artisans pri-
mitifs. Pour les meubles, nous avons les pro-
ductions de M. Borgersen, sculpteur: massives
niais d'une belle allure, dont l'ornementation est
empruntée aux entrelacs, ce système décoratif
qui fut en faveur du ve au vin" siècle, que les
Norlhmans adoptèrent, et dont usèrent les enlu-

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