Bulletin du Musée National de Varsovie — 16.1975

Page: 1
DOI issue: DOI article: DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/bmusvars1975/0007
License: Free access  - all rights reserved Use / Order
0.5
1 cm
facsimile
Franciszek Pawlicki

UNE FIGURINE ROYALE EN RRONZE DE LA XXVIc DYNASTIE

Dans la collection d'antiquités égyptiennes du Musée National de Varsovie se trouve une
figurine en bronze d'un roi agenouillé (figs. 1-2)1. La statuette ne porte pas d'inscription, ce
qui rend l'identification difficile. En effet, on est presque limité à l'analyse iconographique,
ce qui ne permet pas toujours de dater avec précision l'objet, étant donné le matériel de com-
paraison réduit et le schéma de représentation assez conventionnel des souverains de la dynastie
saïte2.

Cet objet inédit, juste mentionné dans le guide de K. Michałowski3, provient de la collection
Potocki de Wilanów4. La figurine fut coulée en technique "pleine", les bras furent coulés sépa-
réments puis réunis au torse par des tenons5. La surface, soigneusement polie, est recouverte
par une patine brune et verte. Certains détails iconographiques, comme les plis de la coiffure
et du pagne, sont indiqués par des incisions.

La statuette appartient à une catégorie d'images connue dans l'art égyptien dès le Nouvel
Empire6, et souvent répétée durant la Basse Epoque7. Le roi est représenté en prière, présentant
son offrande à la divinité8; l'agencement des mains peut également exprimer un geste de défense
contre le Mal9.

Le pharaon est vêtu d'une courte tunique sur les hanches, fortement plissée, du type sndj. t,
retenu par une mince ceinture s'élargissant dans le dos. Sur la tête il porte la large coiffure royale
rams, plissée, retombant devant sur la poitrine et terminée derrière par un noeud retombant

1. Inv. no 147394 MN, h. 0,165 cm.

2. Le retour à la sculpture des Moyen et Nouvel Empires, l'idéalisation, la "jeunesse intemporelle" des images royales étaient
une sorte de réaction au réalisme de l'art de la XXVe dynastie. L'absence de toute évolution d'une génération à l'autre
(comme p.ex. sous la XVIIIe dynastie) complique aussi les choses. II.W. Muller, "Ein Kónigsbildnis der 26. Dynastie
mit der Blauen Krone im Museo Civico zu Bologna", ZÂS, 80, 1955, p. 67.

3. K. Michałowski, Sztuka Starożytna, Warszawa, 1955, p. 147, fig. 99.

4. Cet aspect exigerait une étude particulière; l'objet n'est pas mentionné par W. Gerson, H. Skimborow icz, Wilanów, Album
widoków i pamiątek, Warszawa, 1877.

5. Sous la Basse Epoque on connaissait deux techniques de production des figures en bronze: les grandes étaient creuses
(une fois l'âme extraite), les plus petites étaient pleines. A. Lucas, Ancient Egyptians Materials and Industries, London,
1962, p. 220.

6. Tombeau de Rekhmire, Thèbes, no 100; figurine du Musée National dé Varsovie, inv. no 198642 MN (inédite). D'après
Millier, le motif du roi offrant apparait dans la petite sculpture pendant la XVIIIe dynastie. H.W. Muller, "Der Torso
einer Konigsstatue im Museo Archeologico zu Florenz. Ein Beitrage zur Plastik der Agyptischen Spâtzeit", Studi in me-
moria di Ippolito Rosellini, II, Pisa, 1955, p. 200.

7. Oxford, Ashmolean Museum 1879, 307; Louvre, 1.509; Bruxelles, Musées Royaux d'Art et d'Histoire, E 5635; Berlin,
2504.

8. On connait des images de souverains agenouillés tenant un vase hs.t (Thotmès III, Caire, 42060), un plateau d'offrandes
(Amenhotep II, Caire, 42073), deux petits récipients (Thotmès IV, British Museum, 64564).

9. G. Roeder, Agyptische Bronzefiguren, Berlin, 1965, p. 287.

1
loading ...