Bourgery, Jean Baptiste Marc ; Jacob, Nicolas Henri [Editor]
Traité complet de l'anatomie de l'homme: comprenant la médicine opératoire (Band 6, Text): Médecine opératoire — Paris, 1837

Page: 275
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AMPUTATIONS.

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désarticulation au fond d'un cône creux est lente et difficul-
tueuse: inconvéniens qui restreignent l'emploi de cette méthode
aux cas où la désorganisation des tégumens s'étend assez haut
à la circonférence du membre pour exclure tout autre procédé.
La méthode ovalaire par le procédé de MM. Cornuau et Mal-
gaigne, pourvu que l'on ne prolonge pas trop bas la section en
dedans, donne le plus beau résultat sur le cadavre ; mais elle n'a
pas encore reçu la sanction de l'expérience. Les méthodes à lam-
beaux sont celles qui ont été le plus expérimentées ; mais cet
avantage, qui tient à l'ancienneté de leur usage, est de peu d'im-
portance pour l'avenir. A l'examen ce sont celles qui offrent les
surfaces musculaires de section les plus considérables avec des
lignes de réunion plus longues et à trois côtés, mais ces inconvé-
niens sont contrebalancés par de nombreux avantages : à l'exécu-
tion ce sont, en général, les plus promptes et les plus faciles; et
surtout, par leurs nombreuses combinaisons, elles offrent des res-
sources pour les cas les plus variés, en permettant de tailler des
lambeaux sur les faces opposées à celles où les tégumens ne peu-
vent être conservés. Quand on peut choisir, pour deux lambeaux

de même longueur les lambeaux latéraux (Lisfranc) sont préfé-
rables aux lambeaux antéro-postérieurs (Béclard); et mieux
valent encore, pour la réunion, les méthodes où ces lambeaux sont
obliques, antéro-interne et postéro-externe, surtout si les muscles
sont coupés plus haut que la peau (Dupuytren). Enfin les pro-
cédés de Lalouette et M. Baudens à un seul lambeau ou à peu
près, antérieur ou antéro-interne, donnent un très bon ré-
sultat.

Enfin reste la question de la ligature préalable de l'artère fé-
morale. Cette ligature, recommandée anciennement par Lefé-
bure, A. Blandin, Brulatour, et plus récemment par MM. Larrey,
Delpech et Boux, est rejetée, comme une opération entée sur une
autre, par plusieurs chirurgiens qui se contentent de faire com-
primer sur le pubis et, dans les procédés qui le permettent, de
faire pincer l'artère entre les chairs, derrière le couteau. On ne
peut établir aucun précepte à cet égard ; c'est au chirurgien à se
consulter pour savoir, dans chaque cas, jusqu'à quel point il
peut compter sur lui-même et sur l'assurance et l'habileté des
aides qui l'entourent.

FIN DU SIXIÈME VOLUME.
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