Bourgery, Jean Baptiste Marc ; Jacob, Nicolas Henri [Editor]
Traité complet de l'anatomie de l'homme: comprenant la médicine opératoire (Band 6, Text): Médecine opératoire — Paris, 1837

Page: 229
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AMPUTATIONS.

maie. Au moyen d'une incision verticale de treize à seize cen-
timètres (cinq à six pouces) détendue, longeant le bord des
apophyses épineuses et débridée à chacune de ses extrémités
par une incision transversale, on mit la face postérieure de
l'épine à découvert ; comme on trouva une fracture qui s'éten-
dait à quatre vertèbres, on fit des deux côtés, près des apo-
physes transverses, avec la scie de Hcy, la section des lames
vertébrales, qui furent ainsi enlevées. Au bout de quelque
temps la paralysie diminuait et semblait promettre un heureux
résultat.

résection des os du bassin.

Dans un cas de fistule à l'anus entretenue par une carie
du coccyx, M. Van Onscnort fit l'extirpation de cet os. On
possède des exemples d'excision des tubérosités de l'ischion,
des branches ascendantes du pubis, et de la crête iliaque. Dans
aucun de ces cas les chirurgiens n'ont pu opérer suivant des
principes fixes, et ils ont été obligés de se laisser conduire par la
nature du mal et les diverses circonstances particulières à l'éten-
due de l'altération des os.

OPÉRATIONS QUI SE PRATIQUENT SUR LA TOTALITÉ
D'UN MEMBRE OU SUR L'UNE DE SES FRACTIONS.

AMPUTATIONS.

AMPUTATIONS EN GÉNÉRAL.

Historique. Ne pouvant suivre l'histoire des amputations
dans tout son développement chronologique, nous nous conten-
terons d'en présenter une esquisse rapide en remontant jusqu'à
la collection hippocratique, source de toutes nos connaissances,
et limite de toutes nos recherches historiques.

L'amputation des membres n'a pas été inventée par suite d'un
raisonnement scientifique; elle n'a pas été, dans les premiers
temps, considérée comme une ressource précieuse, comme un
moyen thérapeutique appliqué, avec une détermination préa-
lable, sur un lieu choisi par le chirurgien. La nature fut, dans
cette circonstance comme dans beaucoup d'autres, notre insti-
tutrice. Mais on suivit trop aveuglément ses leçons; et trop
long-temps on laissa la gangrène opérer seule la séparation des
membres, en se contentant de la favoriser par des topiques de
toute espèce. Ces séparations naturelles des parties mirent donc
peu à peu sur la voie d'une opération plus régulière, et don-
nèrent la hardiesse de porter le fer sur la continuité des mem-
bres; encore la main mal assurée du chirurgien s'arrêta-t-cllc
souvent par la crainte de la douleur, et celle mieux fondée de
l'hémorragie.

De ces doctrines hippocratiques à celles de Celse, le progrès
est immense et vraiment surprenant : si l'amputation est tou jours
envisagée avec une terreur extrême, ses règles sont au moins tra-
cées rationnellement et supposent une observation attentive. Le
précepte de couper dans le vif, et de ménager des chairs pour
recouvrir l'os, contient en substance tout ce qui est essentiel
dans l'amputation considérée en elle-même. Archigène fait un
nouveau pas et complète la méthode de Cclse, en y ajoutant la
ligature des vaisseaux. Dans le même temps , Héliodorc expose
toute une théorie des amputations, combat l'incision des parties
molles d'un seul coup, et veut qu'on coupe en dernier lieu les
parties qui contiennent les gros vaisseaux. Galien commente
Hippocrate, et s'en tient à ses erremens. La chirurgie grecque
et latine passe entre les mains des Arabes, qui poursuivent et
perfectionnent les idées de Celse. Avicenne, et non Guy de
Chauliac, introduisit l'usage du stylet (tenta) pour s'assurer de
la vitalité des parties; Guy ne fit donc qu'appliquer aux ampu-
tations cet instrument dont la chirurgie arabe se servait dans les

T. VI.

extractions de séquestres. Albucasis a formellement indiqué l'em-
ploi de la compresse pour protéger les chairs contre l'action de la
scie.

Héritier de doctrines qu'il ne comprit pas, le moyen âge
s'attacha à des subtilités; et la grande question pendante, à
cette époque, fut de savoir si l'on devait amputer sur le vif ou
sur le mort. On ne vit plus que le danger de l'hémorragie; on
ne s'occupa plus qu'à diriger contre elle des moyens tout au
moins absurdes, quand ils n'étaient pas barbares.

Ainsi l'art des amputations avait rétrogradé et ne fut pas
beaucoup avancé par Guy de Chauliac, qui, après avoir coupé
chemin à la mortification, enveloppait avec du sparadrap tout
le membre mortifié et attendait patiemment que la jointure
fût séparée et que le membre tombât de lui-même. Que cette
méthode cruelle ne doive pas être décorée du nom d'amputa-
tion, nous en convenons; mais il n'en est pas moins vrai que
Guy de Chauliac la regarde comme plus honnête au médecin et
la préfère à l'amputation, telle que la pratiquaient Avicenne
et Albucasis.

La théorie des amputations en était là quand notre Am-
broise Paré, le prince de la chirurgie moderne, reprit la
trace des saines doctrines de Celse, et ouvrit lui-même une
nouvelle voie par l'invention ou l'application de la ligature à la
suite des amputations. Et cependant après A. Paré, si on en
excepte Guillemeau, Pigray et F. de Hilden, la plupart des
chirurgiens ne voulaient pas franchir la gangrène, s'inquiétaient
fort peu de pouvoir recouvrir le moignon, et rejetaient la liga-
ture. Dionis, qui le premier donna un traité un peu complet de
médecine opératoire, et Wiseman curent une peine infinie à
faire triompher ces préceptes dictés par le génie chirurgical,
tant est grande la paresse de l'esprit humain.

Enfin au milieu de toutes ces ténèbres, qui ne sont guère en
faveur de la doctrine du progrès indéfini, nous arrivons à l'é-
poque moderne, qui s'ouvre en quelque sorte par une nouvelle
méthode. A la fin du dix-septième siècle Lowdham et Verduin
inventaient l'amputation à lambeaux, qui dut plus tard ses
perfcctionncmcns à Sabourin, à Ravaton, à La Paye et à tant
d'autres chirurgiens dont les noms seront indiqués ailleurs.

Les deux derniers siècles sont marqués surtout par les travaux
de Wiseman, Dionis, .T.-L. Petit, Cheselden, Garengeot, Louis,
Alanson, B. Bell et Yalentin, qui discutent toutes les questions
chirurgicales relatives aux amputations, en précisent le lieu et
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