Bourgery, Jean Baptiste Marc ; Jacob, Nicolas Henri [Editor]
Traité complet de l'anatomie de l'homme: comprenant la médicine opératoire (Band 6, Text): Médecine opératoire — Paris, 1837

Page: 139
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VENTOTSES SIMPLES. 139

OPÉRATIONS QUI SE PRATIQUENT SUR LES VAISSEAUX.

Les vaisseaux sont le siège d'un grand nombre d'opérations
très variées dans leur but thérapeutique. Les unes ont pour objet,
d'agir sur la circulation générale comme moyen curatif d'une af-
fection étrangère aux vaisseaux eux-mêmes, par soustraction ou
déplacement d'une partie de la masse sanguine : dans le premier
cas l'art agit physiquement, par la pression atmosphérique; et
dans le second, le vaisseau lui-même est lésé. Les autres ont pour
effet de remédier aux maladies propres des vaisseaux, soit les
artères, soit les veines.

OPÉRATIONS SUR LES VAISSEAUX EN GÉNÉRAL.

Les unes agissent localement sur la circulation capillaire : ou
sans évacuation de liquide, ce sont les ventouses simples ; ou avec
issue de sang au dehors, ce sont le bdellomètre et les sangsues.
Les autres agissent sur la circulation générale : soit par l'ensem-
ble des capillaires, sans évacuation de sang, ce sont les grandes
ventouses de M. Junod; soit avec évacuation, par une plaie ar-
tificielle, constituant, sur les veines, la pblébotomie, et, sur les
artères, l'artériotomie.

OPÉRATIONS QUI AGISSENT SUR LA CIRCULATION LOCALE.

i" Sans évacuation de sang.

VENTOUSES SIMPLES.

L'application de toute ventouse a pour effet de déterminer l'af-
flux des liquides sur une partie, en la soustrayant plus ou moins
complètement à la pression atmosphérique au moyen du vide.
La ventouse la plus simple se compose d'une cloche de verre
(pl. 27, Sg. 1 , 2, 3) de deux à trois pouces de hauteur sur au-
tant de diamètre, de forme variée, demi-sphérique ou demi-ova-
laire, dont l'ouverture forme un bord plat et lisse, susceptible de
s'appliquer exactement à la peau sans la blesser. La ventouse rem-
plit deux sortes d'indications. Ou bien l'on ne veut que produire
un engorgement du tissu cellulaire avec rubéfaction de la peau;
la ventouse, dans ce cas, opère comme dérivatif ou révulsif, et
s'appelle ventouse sèche. Ou l'on évacue le sang au dehors au
moyen d'incisions superficielles à la peau; la ventouse agit alors
à la manière des sangsues et se nomme ventouse scarifiée. C'est
pour obtenir ces deux effets à-la-fois, en scarifiant sous la cloche,
qu'a été imaginé le bdellomètre.

La ventouse sèche s'applique de deux manières, suivant que
la cloche est simple ou qu'elle est surmontée d'une pompe
aspirante.

VENTOUSE SÈCHE.

10 Ventouse à cloche simple.

Le vide, nécessairement très imparfait, est opéré sous la cloche
par la raréfaction de l'air et l'absorption de l'oxigèue, résultat
d'une combustion. Les objets nécessaires sont, outre les clo-
ches, une bougie allumée, quelques boulettes de coton ou d'é-
toupe, et un flacon d'alcool rectifié.

Premier pr océdé. Échauffer préalablement la cloche de verre à
la flamme de l'alcool, y jeter avec les pinces des boulettes d etoupe
de la grosseur d'une noisette, enflammées, après les avoir imbi-
bées d'alcool, puis appliquer rapidement le bord libre de la
ventouse sur la peau préalablement garantie par une carte pour
empêcher qu'elle ne soit brûlée. Le refroidissement ne tarde pas
à opérer la condensation de l'air et de la vapeur alcoolique. La
peau, comprimée par la pression atmosphérique extérieure, plus
forte que l'intérieure, s'élève dans la cloche ; les liquides, attirés des
capillaires voisins, y affluent et en opèrent le gonflement et ta
rubéfaction. L'effet étant produit, on détache la ventouse en l'in-
clinant et appuyant avec le doigt sur la peau du côté le plus
élevé. Ce procédé est douloureux et infidèle : souvent le com-
bustible brûle mal ; ou , au contraire, il échauffe trop le verre et
brûle même la peau. On rend la combustion plus régulière en
isolant sur un petit disque le combustible, soit une boulette im-
prégnée d'alcool, soit une ou deux petites bougies allumées. Mais,
en préservant la peau, on n'obvie pas à l'inefficacité de l'opéra-
tion : le vide est toujours trop imparfait.

Second procédé. Dans celui-ci, la raréfaction de l'air est con-
fiée à l'échauffement de la cloche elle-même, soit immergée dans
l'eau bouillante (procédé allemand), soit échauffée par la flamme
d'une lampe à alcool. Dans les deux cas, il faut préserver la peau
delà brûlure par l'interposition d'un linge sous le disque de la
cloche; il est clair que le vide, dans ce procède, est encore moins
complet.

20 Ventouse à pompe. (Pl. 27, fig. 4.)

Elle produit, en théorie , les mêmes effets thérapeutiques que
la cloche simple, mais d'une manière incomparablement plus
sûre, plus prompte et plus commode.—Rien de plus facile que
l'emploi de cet ingénieux instrument. On enduit le bord libre
circulaire de la ventouse d'une graisse solide, pour en faciliter
l'adhésion, et on l'applique exactement à la peau; on visse la
pompe sur la tubulure, on ouvre le robinet, et, en faisant remon-
ter le piston, la dilatation nécessitée par l'augmentation de vo-
lume de l'air intérieur aspiré dans le corps de la pompe fait
saillir les tégumens dans la cavité de la ventouse, d'une quan-
tité proportionnée à la diminution de la pression.

2° Avec évacuation de samj.

VENTOUSE SCARIFIÉE.

Elle ne diffère de la précédente que par les incisions préala-
blement pratiquées à la peau. Plusieurs instrument, le rasoir, le
bistouri, la lancette et le scarificateur ( pl. 27, fig. (i, 7 ), peuvent
servir à les faire.

Les scarifications ayant été opérées , comme il a été dit en leur
lieu, pour faciliter le saignement, on applique la ventouse : le
sang pleut immédiatement à la surface par toutes les coupures.
Si on a employé la cloche simple, la chaleur du liquide raréfiant
l'air intérieur et sa vapeur remplissant l'espace et réagissant par
sa tension élastique, l'équilibre de pression ne tarde pas à se ré-
tablir, le sang ne coule plus et la cloche se détache. C'est ici que
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