Bourgery, Jean Baptiste Marc ; Jacob, Nicolas Henri [Editor]
Traité complet de l'anatomie de l'homme: comprenant la médicine opératoire (Band 6, Text): Médecine opératoire — Paris, 1837

Page: 186
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OPÉRATIONS GÉNÉRALES.

4° Torsion. M. Thierry a eu l'idée d'appliquer la torsion aux
grosses artères non coupées, c'est-à-dire aux cas d'anévrismes,
et en a fait l'essai sur la carotide des chevaux. Il soulève l'ar-
tère sur la courbure de l'aiguille de Deschamps, et se sert de
cet arc métallique comme d'un levier pour tordre six ou huit
fois le vaisseau sur lui-même. L'oblitération, dit-on, aurait eu
lieu après la réunion de la plaie par première intention. Sans
contester ce résultat on se demande toutefois quel chirurgien
oserait essayer ce moyen sur l'homme, et comment, sans isoler
un tronc artériel dans une grande étendue, on pourrait éviter
de tordre avec lui les veines, nerfs, branches collatérales, etc.

5° Ecrasement, mâchures, rebroussement. Briot avait établi
que, pour faire oblitérer une artère dénudée, il suffisait de la
saisir entre les mors de deux pinces aplaties et de la tordre la-
téralement de manière à contondre et broyer ses deux tuniques
profondes, puis, par la pression de bas en haut de l'instrument,
de les refouler vers le cœur. M. Carron du Villards affirme avoir
fait, en 1820, avec M. Maunoir, et à son instigation, de nom-
breuses expériences à ce sujet, dont le résultat aurait confirmé
leurs espérances.

Le refoulement, pratiqué avec ses instrumens, a également
réussi expérimentalement à M. Amussat: mais appliqué à l'homme
il a été sans succès.

6° Épingle. M. Velpeau propose comme essai de ligature tem-
poraire le procédé de M. Davat pour les varices, c'est-à-dire,
une artère éteint dénudée comme pour la ligature, sans léser
son tissu, la comprimer sur une épingle par la suture entor-

tillée de manière à renfermer le vaisseau entre le fil métallique
et les anses du fil. Ce moyen ne nous paraît pas différer es-
sentiellement de la ligature de Scarpa et devrait avoir les
mêmes effets.

7° Acupuncture.Gcstencore à M. Velpeau qu'est dû ce procédé,
qui ne nous semble autre chose qu'un séton métallique. Obligé,
dit l'auteur, d'abandonner une expérience sur un chien, il se
trouva que l artère fémorale fut traversée par une épingle laissée
à demeure. L'oblitération du vaisseau en fut le résultat. Répétée
en 1829 et i83o par M. Velpeau et M. Nivert, cette expérience
a toujours réussi; mais elle a échoué, au contraire, entre les mains
de M. Amussat. L'auteur pense que si une épingle suffit pour une
artère de médiocre volume, il faudrait, pour les gros troncs, en
employer plusieurs disposées en zigzag. Employé sur l'homme par
M. Philipps, ce procédé aurait fait obtenir la guérisond'un ané-
vrisme de la région parotidienne. Récemment on a eu l'idée de
traverser avec une aiguille le sac anévrismal et d'y faire passer un
courant électrique. M. Liston l'a essayé pour un anévrisme de
l'artère sous-clavière, mais, n'obtenant aucun résultat, il a dû pra-
tiquer la ligature.

PROCÉDÉS QUI S'APPLIQUENT AU-DESSOUS DE LA TUMEUR.

Ils sont au nombre de deux , la compression et la ligature.
La compression a été mentionnée plus haut ; et quant à la
ligature, qui constitue, dans ce cas, la sous-méthode de Bras-
dor, elle ne diffère en rien par son exécution du procédé
d'Anel.

OPERATIONS QUI SE PRATIQUENT AU TRAVERS DES TISSUS
OU DANS LES ESPACES CELLULEUX INTER ORGANIQUES.

Les opérations qui se pratiquent dans la profondeur des di-
vers tissus répondent à des indications très variées. Trois ont
pour objet de guérir des maladies dont les unes sont du ressort
de la médecine et les autres de la chirurgie : ce sont l'acupunc-
ture, l'électro-puncture et les applications de l'électro-magné-
tisme. Les autres s'adressent à des maladies ou à des accidens pu-
rement chirurgicaux dont l'énumération l'enferme les corps
étrangers, les abcès, les kystes, les tumeurs par hypertrophie
d'un tissu naturel et celles caractérisées par la dégénérescence
des tissus.

PROCÉDÉS OPÉRATOIRES APPLICABLES AUX NÉVROSES ET A DI-
VERSES MALADIES CHIRURGICALES.

Acupuncture.

Empruntée de l'extrême Orient, où de temps immémorial
les Chinois et surtout les Japonais l'appliquent indistinctement
pour toutes les maladies et dans toutes les régions du corps, cette
petite opération importée en Europe,après ces chances diverses,
de faveur et d'oubli, communes aux agens thérapeutiques dont le
mode d'action et les résultats réels ne sont pas bien déterminés,
a été naguère remise en honneur, quoique les succès que l'on dit

en avoir obtenus soient encore très douteux. On s'en est servi
pour la guérison d'affections nerveuses, névroses, paralysies,
rhumatismes, etc., pour faciliter la résorption d'indurations et
de tumeurs commençantes. On l'emploie de deux manières, soit
seule, par l'introduction des aiguilles , c'est l'acupuncture sim-
ple; soit en y joignant un courant électrique, c'est l'électro-
puncture.

Procédé opératoire. L'aiguille (pl. 22, fig. 10) peut être intro-
duite par trois procédés.—Premier procédé. Offerte perpendicu-
lairement à la peau, le manche saisi entre le pouce et l'indica-
teur, lui communiquer par le glissement horizontal en va-et-
vient de ces doigts, l'un sur l'autre, un mouvement de rotation
en sens inverse, auquel on aide par une pression modérée. Pour
empêcher que la tige ploie, on la soutient d'abord entre les
doigts de la main gauche. Ce procédé s'effectue sans douleur,
mais il est lent dans son exécution. — Deuxième procédé. L'ai-
guille tenue delà main gauche, frapper sur le manche à petits
coups secs avec un maillet de bois ou de plomb, d'un poids pro-
portionné : l'aiguille s'enfonce rapidement et aussi sans douleur.
— Troisième procédé. II consiste à enfoncer l'aiguille d'un seul
coup; mais il n'est pas toujours praticable, et il exige une tige
d'une trempe un peu dure.
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