Bourgery, Jean Baptiste Marc ; Jacob, Nicolas Henri [Editor]
Traité complet de l'anatomie de l'homme: comprenant la médicine opératoire (Band 6, Text): Médecine opératoire — Paris, 1837

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OPÉRATIONS GÉNÉRALES.

touri convexe, sans entamer le kyste ; le saisir avec les doigts,
une pince, ou en tirant sur les chefs d'un fil dont on l'a traversé :
le dénuder en déchirant les adhérences celluleuses, et l'enlever
en entier.

Procédé de A. Cooper et DupUytren (pour les kystes à enve-
loppes consistantes). Inciser d'un même coup la peau et le kyste ;
le vider, par pression , de la substance qu'il renferme, détacher
ses parois de la peau des deux côtés de l'incision dans une éten-
due suffisante pour qu'il offre de la prise, le saisir alors entre les
doigts de la main droite garnis d'un linge pour faciliter la
préhension, puis tirer dessus pour déchirer le tissu cellulaire,
en aidant à cette manœuvre par la pression du pouce gauche ou
d'un manche de scalpel. La plaie ne saigne pas : on réunit par
première intention.

Excision ( Procédé de Chopart pour les kystes à large base).
Quand le kyste, volumineux et plat, laisserait, en l'extirpant, une
plaie d'une grande surface, faire à la partie déclive de la tu-
meur une large ponction par laquelle on la vide préalablement
de la matière qu'elle contient; insinuer alors par l'ouverture pra-
tiquée l'indicateur gauche dans la cavité du kyste, et, sur ce
doigt comme conducteur, pratiquer avec le bistouri ou les ci-
seaux l'excision d'un lambeau elliptique de la peau et de l'enve-
loppe adhérente du kyste qui en forme le sommet. L'opération
terminée, la paroi profonde du kyste forme la surface de la
plaie. Exposée à l'air, elle suppure d'abord, puis s'exfolie, se
durcit et se transforme en un tissu cutané accidentel qui se
resserre peu à peu et finit par former une cicatrice de peu
d'étendue.

2° Kystes du tissu cellulaire. Remplis de liquides variés, séreux,
muqueux ou purulens, ils sont avec ou sans enveloppes; c'est-
à-dire que les uns étant contenus dans une poche de tissu séreux
ou muqueux accidentel, d'autres, au contraire, à peine circon-
scrits, ne sont environnés que par un tissu cellulaire lâche, for-
mant une couche mince et facile à déchirer. C'est cette considéra-
tion de l'enveloppe qui détermine le choix du procédé opératoire.
Le kyste à parois consistantes doit être extirpé en entier, après
l'incision de la peau, par dissection ou déchirure de ses adhé-
rences, comme il a été dit des kystes de la peau. Tour ceux à pa-
roi celluleuse, ils peuvent être considérés, en théorie, comme des
s et réclament le même traitement : c'est-à-dire de les
ponction ou incision, et, pour faciliter l'adhésion des
provoquer une inflammation et de les faire suppurer
ections excitantes, ou en les remplissant de charpie
eure.

s synoviaux. Ce ne sont en fait que des hydropisies
ânes synoviales, analogues à celles des articulations,
urses synoviales cutanées qui existent dans tous les
frottement des saillies osseuses, soit des synoviales
ïs. Ces dernières sont connues sous le nom très im-
ganglions.

noviaux sous-cutanés. Les évacuer par incision, et, si
est très volumineuse, exciser un lambeau ellipsoïde
et de la paroi du kyste en regard; enfin provoquer
tion adhésive comme il vient d'être dit ci-dessus.

ndineux. On les traite par la compression permanente,

l'écrasement et l'incision. Vécrasement, le seul moyen nouveau qui
se présente ici, se pratique avec un corps lisse et plat, soit une
pièce de monnaie, une règle, un livre, etc., sur lequel on frappe
un coup sec. Sabatier, sur les petits ganglions, se contentait
d'appliquer un pouce et comprimait fortement avec l'autre
pouce. De quelque manière que l'on procède il s'agit d'obtenir
la déchirure du kyste et l'épanchement diffus du liquide dans le
tissu cellulaire ambiant, pour en augmenter la surface d'ab-
sorption. On y aide pendant quelques jours par la compression,
des frictions légères et des applications résolutives.

4° Kystes hydatiques. Les kystes formés par des hydatides peu-
vent être assimilés, sous le point de vue opératoire, aux kystes
séreux, et réclament le même traitement.

Mais il se présente assez fréquemment une autre espèce de
kyste dont on doit surtout la connaissance à Dupuytren, et qui,
par sa gravité, mérite de fixer l'attention des praticiens. Son siège
habituel est à la main, au-devant des tendons fléchisseurs, ou
au pied , au-devant des tendons extenseurs des orteils. Dans l'un
comme dans l'autre cas ils sont divisés en deux parties et comme
étranglés par le ligament annulaire soit du carpe, soit du tarse,
et, en comprimant alternativement avec les doigts des deux
mains, on fait circuler les corps qu'ils renferment du sac su-
périeur dans le sac inférieur. En les ouvrant, on les trouve
remplis par de petits corps blanchâtres, plats, ovoïdes, aérifor-
mes, variables de volume, mais de forme constante, et que
MM. Bosch et Duméril ont jugés devoir être des hydatides.

Procédé de Dupuytren. i° Ponction. Cette opération très sim-
ple consistait à pratiquer, avec le bistouri à plat, une ouverture
assez considérable pour vider, par la pression, le double kyste
des petits corps blancs et du liquide dans lequel il baigne. Cette
ponction n'entraîne pas de dangers; elle a réussi à guérir un
malade, mais dans plusieurs autres cas la maladie s'est repro-
duite avec rapidité. C'est pour y obvier que Dupuytren a eu
recours au procédé suivant.

a0 Ponction suivie de séton. Faire comprimer la tumeur à l'une
de ses extrémités, et sur la saillie qu'elle forme en sens opposé
pratiquer la ponction; introduire par cette ouverture, dans la
cavité du kyste d'un côté, une sonde cannelée que l'on fait glis-
ser sous le ligament annulaire dans le demi-kyste opposé, faire
basculer l'instrument pour reconnaître la saillie de son bec sous
la peau, et, par une nouvelle ponction dans lacannelure,^prati-
quer une contre-ouverture : évacuer ensuite le double kyste; et
quand il est complètement vidé, insinuer de l'une à l'autre ou-
verture une mèche à séton qui doit rester à demeure un ou deux
jours.

L'intention curative de ce dernier procédé était de provoquer,
par la présence du corps étranger, une inflammation adhésive
qui prévînt le retour de la maladie. Disons cependant que dans
la plupart des cas le résultat n'a pas été heureux. L'irritation
causée par le séton entraîne presque toujours de graves accidens
nerveux; dans plusieurs cas qui se sont passés sous nos yeux il
y a eu de nombreux abcès dans les gaines synoviales : enfin un
malade a succombé. J'ai vu souvent Dupuytren à la Clinique
embarrassé devant des kystes de cette nature, qu'il n'osait plus
opérer par le séton. Je ne sais s'il a modifié ultérieurement à
ce sujet sa pratique; mais vers 1819-20, préférant courir la
chance de récidive, il se contentait de la ponction, qui elle-même
n'est pas encore absolument sans danger.
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