Bourgery, Jean Baptiste Marc ; Jacob, Nicolas Henri [Editor]
Traité complet de l'anatomie de l'homme: comprenant la médicine opératoire (Band 6, Text): Médecine opératoire — Paris, 1837

Page: 228
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OPÉR ATTONS GÉNÉRALES.

de la mâchoire; des extrémités de cette première incision en
abaisser deux autres dont l'une divisera la lèvre inférieure, et
l'autre se prolongera en bas à quelques millimètres au-dessous
de l'angle maxillaire. Le lambeau étant disséqué et renversé en
bas et en arrière laissera l'os à découvert. Il ne reste plus alors
f|u a détacher la langue de la face interne du bord alvéolaire : on
termine par la section de l'os, en avant d'abord, puis en arrière,
à l'origine de sa portion ascendante.

Procédé de M. Mott. Faire une première incision en demi-lune,
à convexité postérieure, partant du niveau du condyle, au-de-
vant de l'oreille, et terminée, près du menton, au-dessous de la
commissure labiale. Le lambeau qui en résulte est relevé en
haut et en avant. Alors pratiquer une seconde incision prenant
son origine vers l'extrémité supérieure de la première et se pro-
longeant le long du bord antérieur du sterno-mastoïdien. Ce
second lambeau est disséqué, puis renversé en bas et en ar-
rière. On procède à la section de l'os comme à l'ordinaire; seu-
lement M. Mott recommande de diviser complètement le nerf
dentaire inférieur avant d'exercer aucune traction sur la tu-
meur, et de ne point oublier les rapports du nerf lingual de la
cinquième paire.

On pourra, suivant l'exigence des cas morbides, modifier de
mille manières l'incision des tégumens et obtenir des lambeaux
dont la forme ne saurait être calculée d'avance. Après cette ope-
ration , les attaches des muscles génio-glosses étant en partie
conservées, on n'a pas à craindre la rétraction de la langue; mais
une déviation très prononcée de la mâchoire du côté opposé est
presque inévitable (Mott, Gensoul, Lisfranc).

4° Résection de toute la portion horizontale de ta mâchoire (pl. 65 ,

fig.3).

Pratiquer horizontalement, en longeant le bord inférieur de
l'os maxillaire, une incision étendue d'un angle de la mâchoire
à l'autre Le large lambeau qui en résulte est relevé en haut et
confié à un aide. Après avoir détaché les chairs de la partie pos-
térieure, le chirurgien pratique de chaque côté la section de l'os
suivant les règles ordinaires.

Si la tumeur était très volumineuse, on aurait de l'avantage a
convertir l'incision horizontale en une incision en T au moyen
d'une nouvelle section qui diviserait la lèvre inférieure sur la
partie moyenne. On obtiendrait de cette façon deux lambeaux
latéraux au lieu d'un seul lambeau supérieur.

5° Ablation totale de la mâchoire (pl. 65 , fig. 3 ).

Après avoir, comme dans le cas précédent, tracé une incision
horizontale allant d'un angle de la mâchoire à l'autre, on abaisse
à chacune de ses extrémités une incision verticale qui part de
l'arcade zygomatique et longe le bord postérieur de la branche
ascendante de l'os. Un large lambeau ressemblant à une espèce
de masque est relevé sur la face. Le reste de l'opération est con-
forme aux principes énoncés plus haut; il convient seulement,
pour avoir plus de facilité, de commencer à scier l'os sur la par-
tie moyenne : ce qui transforme ce procédé en une double désar-
ticulation, une pour chaque moitié de la mâchoire.

RÉSECTION DES CÔTES (pl. 63, fig. l).
Connue des anciens, cette opération fut tirée de l'oubli par

Richerand. Ce chirurgien la pratiqua pour un cancer du tho-
rax. Il eut à enlever la partie moyenne de quatre côtes dans l'é-
tendue de plusieurs pouces. La plèvre étant malade dut être em-
portée dans une certaine étendue, de sorte qu'on put voir à nu
les battemens du cœur dans le péricarde. Le plus grand succès
sembla d'abord couronner l'opération; mais au bout de quel-
ques mois, avant la cicatrisation complète de la plaie, le cancer
récidiva et amena la mort du malade.

Manuel opératoire. Le malade étant convenablement couché,
ou place sous lui un coussin afin de relever et de faire saillir le
côlé malade. On commence par découvrir les côtes affectées, au
moyens d'incision suffisantes et en rapport avec l'étendue de l'al-
tération des os; puis, une fois qu'on a bien limité ce qu'on doit
réséquer, on se sert d'une scie à crête de coq, ou de la scie de
Heine. Un sécateur à lames étroites rendrait l'opération plus
simple et plus rapide (Velpeau). Si l'on fait usage de la scie,
on devra préalablement, avec le bec d'une sonde cannelée, dé-
coller la plèvre de la face interne de la côte et passer au-dessous
de l'os une compresse protectrice. Il est à peu près indifférent
de commencer la résection par l'extrémité vertébrale ou sternale.
Une fois la côte divisée d'un côté, on la soulève avec un crochet
mousse et on divise en même temps les muscles intercostaux en
rasant soigneusement le bord de l'os; on évite ainsi la lésion de
l'artère intercostale et de la plèvre. Les accidens à redouter pen-
dant l'opération sont : i" l'hémorragie, qui est très abondante
chez certains sujets; le tamponnement et les éponges imbibées
d'eau froide suffisent en général pour l'arrêter : 2" l'ouverture
de la plèvre, qui donne lieu à des accidens imminens de suf-
focation ; cette membrane est ordinairement épaissie au-des-
sous des côtes malades, qui peuvent contracter avec elle des
adhérences intimes. L'exemple de M. Richerand prouve néan-
moins que l'ouverture de la plèvre n'entraîne que des acci-
dens momentanés ; et si cette séreuse est le siège de dégéné-
rescences, on ne devra jamais balancer à en exciser les portions
altérées.

La plaie est convenablement abstergée et recouverte avec
un pansement à plat que maintient un bandage médiocrement
serré.

RESECTION DU STERNUM.

Les anciens nous ont transmis de nombreux exemples de ré-
section du sternum. Les caries, la nécrose, les fractures commi-
nutives, sont à peu près les seules indications qui motivent au-
jourd'hui cette opération. La position superficielle du sternum
rend la résection moins difficile que celle des côtes. Presque tou-
jours il faut combiner la trépanation avec la résection. Les dif-
férera ostéotomes, la gouge aidée du maillet, la rugine, le fer
rouge, sont les instrumens nécessaires pour cette opération,
dont les circonstances anatomo-pathologiques sont trop va-
riables pour qu'on puisse les soumettre à des règles opératoires
fixes.

RÉSECTION DES APOPHYSES ÉPINEUSES DES VERTÈBRES.

Des exemples de succès semblent autoriser cette opération
dans certains cas. M. Schmith rapporte l'observation d'un ma-
lade qui, à la suite d'une chute de cheval, fut atteint de para-
plégie. A l'examen de la colonne vertébrale, on sentait que
l'apophyse épineuse d'une vertèbre lombaire était déjetée à
droite de sept millimètres (trois lignes) de sa position nor-
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