Bourgery, Jean Baptiste Marc; Jacob, Nicolas Henri [Editor]
Traité complet de l'anatomie de l'homme: comprenant la médicine opératoire (Band 8, Text): Embryogénie, anatomie philosophique et anatomie microscopique: Oeufs, développement du foetus, ensemble du système nerveux dans le règne animal, structure intime des tissus généraux, des appareils et des organes — Paris, 1854

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SUR L'EMBRYOGENIE. 3

montrantes premiers noyaux solides dispersés, puis lés canaux les faits de l'organisme à divers âges, dans tous les organes

et nombre d'organes, composés originairement de moitiés qui et tous les tissus, ce n'est point à l'état solide, mais au plus près

s'accolent, et enfin les deux moitiés de tout le corps, qui s'avan- de l'état fluide, là où, avec moins de matière accumulée , les

cent à la rencontre l'une de l'autre pour s'unir sur un plan phénomènes moléculaires sont plus libres de se produire, que

moyen, en infère que l'action formatrice procède de la péri- l'action nerveuse a le plus de puissance. Elle diminue, au con-

phérie vers le centre. traire, dans les tissus, à mesure qu'ils se chargent de plus d'élé-

Avec des principes et des pensées si contraires, on conçoit mens solides. Si donc la nature procède dans beaucoup de tissus

bien que ces deux théories se soient partagées en deux écoles par solidifications périphériques, c'est pour s'emparer de l'espace,

rivales ayant chacune ses partisans. L'épigénèse, plus simple, harmonier les formes en fournissant des élémens de consistance

et qui soulage l'esprit, en l'arrêtant, dans la question d'origine aux tissus sur divers point de leur étendue. Mais ce n'en est pas

des germes, est peu satisfaisante, au contraire, dans la question moins dans des organes nerveux plus mous que gît la force ner-

du développement et, en disséminant les centres d'action, rompt veuse dirigeante, comme le fait remarquer Ilaller. En outre,

en apparence le principe d'unité sans lequel on ne peut con- les noyaux solides périphériques ne sont qu'un fait secondaire

cevoir l'organisme. dans les organes, qui d'abord se sont produits par expansion. Des

L'évolution, au contraire, que j'appellerais volontiers la théo- points d'ossification isolés se montrent aussi dans les os cartila-
ge de l'expansion, en montrant le développement régulier des gineux de l'embryon, mais avant, le membre lui-même s'est pro-
parties et leur gemmation du dedans en dehors, sous un centre duit par un bourgeon, issu de dedans en dehors. L'épigénèse n'est
commun d'excitation, bien mieuxenharmonieaveclesloisdel'or- donc point, comme on le dit, contradictoire au mode de dévelop-
ganisme dont elle traduit, dans les premiers rudimens embryon- peinent par expansion. Elle y rentre, au contraire, et n'est qu'un
naires, la seule vraie manifestation. Et, pour ce qui est de la for- de ses moyens ou de ses phases secondaires de développement,
tnation première, rien n'oblige à l'enchaîner plus que tout autre, Il ne nous reste plus à mentionner que les deux doctrines qui
comme origine de la loi de l'expansion embryonnaire, à la ques- ont rapport au siège du germe : les théories des ovistères et des
tion syngénétique de l'emboîtement du germe, car aucun lien spermatistes. Ici, il semble qu'il n'y ait plus rien à dire, caries
logique nécessaire ne rattache le connu à l'inconnu. Il suffit que faits parlent d'eux-mêmes. D'une part on connaît l'ovule, et de
dans les faits certains et visibles, l'expansion concorde avec tous l'autre le zoosperme. Mais, comme nous l'avons vu depuis un
les faits physiologiques de l'organisme, et c'est ce qui est. Aussi siècle et demi dans l'histoire de la science, c'est précisément la
est-ce à cette doctrine que se ralient aujourd'hui le plus tous présence de ces deux élémens générateurs qui fait l'embarras des
les savans. Mais, dira-t-on , pour abandonner ainsi l'épigénèse, savans, dont les uns voient le germe dans l'ovule , et les autres
les faits sur lesquels elle s'appuie manquent-ils donc de certi- dans le zoosperme. N'y a-t-il donc aucun moyen de concilier
tude? Non, ces faits sont vrais, mais s'il faut dire toute ma ces deux opinions? Je crois que l'état de la science permet au-
pensée, je crois qu'ils ont été mal interprétés. On a vu dispersés jourd'hui d'assigner, avec une grande probabilité, à chaque
à la périphérie les premiers noyaux solides de certains organes élément générateur, la place et la destination dans le produit
chez l'embryon , puis dans leurs intervalles, il s'en est déve- de leur union mutuelle. Je dirai plus loin ce que j'ai cru entre-
loppé de nouveaux, et peu à peu on les a vus marcher à la voir à ce sujet.

rencontre les uns des autres pour s'unir, et tous ensemble Terminons ici ces généralités. Maintenant que nous connais-

s'étendre de la périphérie vers le centre ; voilà comme beaucoup sons l'histoire des opinions et des premiers faits qui appartien-

de faits se présentent. Mais on en a conclu que les noyaux sont nent au germe, il nous sera facile de comprendre le développe

autant de centres d'une vie plus active, morcelée à la périphérie ; ment de l'ovule et de l'embryon, dans l'enchaînement lumineux

or, c'est là l'erreur. Comme je l'ai déjà fait observer ailleurs et des observations positives et des faits concluans dont se com-

comme plus tard nous le démontrerons surabondamment, tous pose la science moderne.

DE LA GÉNÉRATION.

La génération constitue avec la nutrition, les deux fonctions
élémentaires des êtres organisés. Tandis que l'une a pour but la
conservation de l'individu, l'autre, qui repose sur elle, tend à la
continuation de l'espèce. Néanmoins, puisque l'accomplisse-
ment de cette fonction est dans le plan de l'organisation indi-
viduelle, on peut considérer la fonction de génération comme
une condition d'existence pour l'individu même qui l'accomplit.

Dans la grande généralité des cas, l'intervention de deux
êtres paraît nécessaire. Ces deux êtres sont distingués par leur
sexe, que caractérise une conformation organique spéciale, sur-
tout pour l'accomplissement de la part respective qu'ils pren-
nent à cette fonction.

T. VIII.

Si d'une part, les sexes sont le plus souvent séparés, ils peu-
vent se trouver réunis sur le même individu, comme cela a lieu
pour beaucoup d'êtres inférieurs.

Enfin, il est de ces êtres qui ne sont caractérisés par aucun
appareil sexuel; ces individus se reproduisent par des œufs ou
des spores susceptibles de se développer d'eux-mêmes, par des
gemmes ou bourgeons, qui se développent en partie, avant de
se détacher de la mère; ou même par la scission d'une partie
du tout, plus ou moins considérable, et qui se complète, pen-
dant ou après l'acte de la séparation. Ces trois modes se retrou-
vent, non-seulement chez les êtres inférieurs, mais, à ce qu'il
paraît, chez les animaux à sexe distinct.

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