Bourgery, Jean Baptiste Marc ; Jacob, Nicolas Henri [Editor]
Traité complet de l'anatomie de l'homme: comprenant la médicine opératoire (Band 8, Text): Embryogénie, anatomie philosophique et anatomie microscopique: Oeufs, développement du foetus, ensemble du système nerveux dans le règne animal, structure intime des tissus généraux, des appareils et des organes — Paris, 1854

Page: 285
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ORGANES

Le mamelon est pourvu de muscles lisses très nombreux qui
lui communiquent sa contractilité. Il est revêtu par une peau
délicate, dont la couche cornée n'a pas plus, chez la femme,
de omm,oi3, tandis que la couche de Malpighi a une épaisseur
de omm,o87, et est colorée dans sa profondeur. Les papilles ag-
glomérées dans ce point, portent de omm,-2i — omm,07. Sur la
poitrine elle-même, les papilles sont petites, elles ont de omm,o3
—omm,02; l'épiderme est encore plus fin, il a de omm,o6g —
omm,o87. Cependant la couche cornée est plus épaisse, puisque
elle porte de omm,o44—omm,o53.

Les vaisseaux de la glande mammaire sont nombreux et
environnent les vésicules glandulaires par un réseau de capil-
laires assez étroit. Les lymphatiques, assez répandus dans la
peau qui revêt la glande, n'ont pu être poursuivis dans la
glande elle-même. Les nerfs cutanés proviennent des nerfs supra-
claviculaires et des ramuscules principaux des 2e et 4° intercos-
taux. On ne peut pas les suiv re non plus dans l'intérieur de la
glande, si ce n'est qu'on voit quelques fins ramuscules accom-
pagner les vaisseaux.

Leur terminaison est inconnue.

Du lait.

Nous nous bornerons seulement à ses caractères microsco-
piques.

Le lait est un liquide composé de sérum transparent et de
globules, qui lui donnent son opacité et sa coideur blanche opa-
line. Ils sont en nombre extrêmement considérable et si l'on
veut les voir, il est nécessaire d'ajouter un peu d'eau à la goutte-
lette de lait qu'on examine, afin de pouvoir les considérer iso-
lés. Leur diamètre est très variable : il y en a qui sont de sim-
ples granules ponctiformes, d'autres atteignent jusqu'à omn,,oi7.
Ils sont animés d'un mouvement moléculaire très vif. Leur
forme est circulaire et leurs contours foncés comme les goutte-
lettes de graisse ; ils sont entourés d'une membrane très pâle,
formée par de la caséine. Cette membrane se détruit dans l'acide
acétique, car, en ajoutant à cet acide un peu de lait, on observe,
au microscope, que les gouttelettes de graisse deviennent libres
et finissent par se confondre.

L'éther s'endosmose dans l'intérieur du globule, y dissout la
graisse et laisse la membrane intacte.

On peut ensuite dissoudre cette membrane dans l'acide
acétique.

Ces globules renferment donc le beurre. Le battage de la
crème a pour effet de détruire la membrane d'enveloppe; le
beurre de tous les globules se réunit alors en une masse com-
pacte ; opération qui est facilitée par la formation de l'acide acé-
tique dissolvant la membrane des globules.

Le coloslruin renferme une espèce de globules, nommés par
Donné corps granuleux. Ce sont de petits corps circulaires ou
ovalaires dont le diamètre varie de omm,oi3—omm,o53. Parmi
ces corpuscules, les uns sont granuleux et ressemblent à des
amas de globules de beurre, les autres, plus petits, ont des con-
tours bien délimités, et renferment une substance légèrement
granuleuse, avec quelques globules de graisse. D'après les ob-
servations deGerlach, il y aurait, avant la délivrance, un noyau
dans ces corpuscules, ce qui a porté cet auteur à établir leur
nature circulaire.

T. VIII.

GÉNITAUX. 285

ORGANES DES SENS

ORGANE DE LA ^UE.

L'appareil de la vision se compose du globe oculaire, qui est
l'organe propre du sens et des parties accessoires qui sont des-
tinées, les unes à la protection, les autres aux mouvemens du
globe oculaire: ce sont les paupières, les muscles, les glandes
lacrymales. Le globe oculaire lui-même est un organe très com-
pliqué , qui présente dans sa structure la réunion de presque
tous les autres tissus ; il se compose de trois membranes, une
fibreuse, la sclérotique et la cornée transparente, une vasculaire,
la choroïde et l'iris, une nerveuse, la rétine, puis de milieux in-
ternes qui réfractent la lumière et qui sont le corps vitré et le
cristallin.

Membrane fibreuse de Tϕl. L'enveloppe externe du globe
oculaire est forméeprincipalement par une couche de tissu fibreux
très solide qui, à première vue, se divise en deux parties, l'une
plus petite, antérieure, transparente, qui est la cornée, l'autre
plus grande, postérieure, opaque, qui est la sclérotique. Mais
cette distinction est purement superficielle, car l'histoire du dé-
veloppement aussi bien que l'étude de leur structure, montre
dans ces deux parties la même composition.

La sclérotique, nommée aussi Yalbuginée de F œil, est une
membrane fibreuse blanche, très dure et très solide, qui com-
mence à la partie postérieure du globe de l'œil, où elle adhère
directement à la gaîne du nerf optique, qui décroît en épais-
seur, d'arrière en avant, et renforcée antérieurement par les
tendons des muscles droits , se prolonge sans discontinuité
dans la cornée transparente ; elle donne de la colle par la coc-
tion, et se compose d'un véritable tissu fibreux, dont les fibrilles
sont extrêmement évidentes, aussi bien par la lacération que
sur une coupe transversale traitée par l'acide acétique. Les fais-
ceaux formés par ces fibrilles sont d'ailleurs intimement réunis,
comme dans les tendons, en ligamens plus ou moins épais qui,
alternant assez régulièrement à travers toute l'épaisseur sous des
directions longitudinales et transversales, déterminent ainsi, sur
une coupe perpendiculaire, une structure lamelleuse. Cependant,
il n'y a nulle part devéritables feuillets ayant une existence
propre, car les diverses couches longitudinales se réunissent
fréquemment les unes aux autres, et il en est de même des
couches transversales. Seulement, à la surface externe, et
surtout à la surface interne de la sclérotique, les fibres longi-
tudinales se réunissent pour former des lamelles plus épaisses,
qui acquièrent ainsi une plus grande indépendance.

Le tissu fibreux de la sclérotique est traversé par un très grand
nombre de fins élémens élastiques de la même forme que ceux
qui existent dans les tendons et dans les ligamens, c'est-à-dire
présentant un tissu réticulé composé de filamensde plus en plus
fins, dans lequel les points, où étaient les cellules primitives de
formation, se font reconnaître par leurs épaississemens, avec des
rudimens de noyaux, de telle sorte que la totalité est souvent très
analogue à des cellules fusiformes ou stelliformes anastomosées.
Pendant la vie, les élémens de ce réseau paraissent encore con-
tenir des cavités, dans lesquelles on trouve un contenu liquide,

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