Bourgery, Jean Baptiste Marc; Jacob, Nicolas Henri [Editor]
Traité complet de l'anatomie de l'homme: comprenant la médicine opératoire (Band 8, Text): Embryogénie, anatomie philosophique et anatomie microscopique: Oeufs, développement du foetus, ensemble du système nerveux dans le règne animal, structure intime des tissus généraux, des appareils et des organes — Paris, 1854

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ANATOMIE GÉNÉRALE.

Tous ces solides ont un volume tellement petit, qu'ils sont
invisibles à l'œil nu; ainsi, par conséquent, tous exigent de
toute nécessité l'emploi du microscope pour être étudiés , et
ce n'est que réunis en quantité considérable, qu'ils forment des
masses que nous puissions voir, masses que nous nommons
tissus, disposés en systèmes, ceux-ci en organes, etc.

Chacune de ces parties solides a, elle-même, une constitution
qui lui est propre. Ainsi, quand par la chaleur on en chasse
l'eau, cet élément perd beaucoup de son volume et de sa
forme.

L'étude des élémens anatomiques proprement dits, tels que
fibres, tubes, cellules, est bien reconnue aujourd'hui comme
branche de l'anatomie.

Quant aux principes immédiats qui composent ces fibres,
tubes, globules, cellules et les humeurs, comme le sang, la lym-
phe, les produits sécrétés, c'est Ch. Robin qui, le premier, les
a introduits dans l'étude de l'anatomie générale qui, pour cette
raison aussi, ne peut plus être appelée anatomie microsco-
pique.

L'étude de l'anatomie générale se divise donc pour nous en
deux groupes.

Les auteurs qui jusqu'ici se sont le plus rapprochés de cette
manière de voir, n'étudiaient que les humeurs. Nous ne ferons
pas ici l'étude des principes immédiats; nous renverrons au
Traité de MM. Ch. Robin et Verdeil, qui n'est qu'une intro-
duction à l'étude de l'anatomie générale.

Les principes immédiats sont destinés à la formation des tis-
sus. Ceux que l'on rencontre dans un organisme vont servir,
servent ou ont servi déjà.

Les élémens anatomiques sont les véritables agens des corps
organisés, ce sont eux, qui, réunis de diverses façons, agissent,
et jouissent des propriétés fondamentales qui caractérisent
ces êtres.

De même que l'élément anatomique est la partie consti-
tuante du tissu, de même le principe immédiat constitue l'hu-
meur. De sorte que les principes immédiats, comme les élémens
anatomiques, sont des élémens organiques.

Il faut, pour l'étude des parties constituantes, rechercher les
principes et les élémens dans les animaux, en commençant par
les plus élevés, parce que l'observation montre qu'au fur et à
mesure de la simplification de tout l'organisme, la structure
des élémens se simplifie aussi.

Une fois bien connus, là où l'appareil et la fonction sont le
plus nettement déterminés, on en peut suivre la simplification
et la disparition.

Étant donné un animal ou un groupe d'animaux analogues
entre eux, ce sont les élémens les plus simples qui doivent être
étudiés d'abord, puis il faut passer graduellement à l'étude
des plus complexes. Non pas que l'observation montre une
transition des uns aux autres, par des élémens intermédiaires
qui auraient autant de caractères d'une espèce, que de ceux
d'une autre; la liaison, le rapprochement des espèces d'élémens
les uns des autres n'est pas graduel et régulier.

Il y a au contraire fort peu de liaison entre les espèces qu'on
est forcé d'étudier à la suite l'une de l'autre, elles semblent
même disposées de la façon la plus disparate.

Les espèces qui paraissent se ressembler par quelques carac-
tères de forme ou de volume, conservent toujours, au milieu
de leurs variations, des différences caractéristiques qui n'échap-
pent que faute d'attention.

Ces différences portent sur la netteté ou l'irrégularité des
bords, sur la disposition, le volume, la couleur, du noyau, du
nucléole, des granulations moléculaires graisseuses ou non, etc.

Les individus de chaque espèce oscillent, en quelque sorte,
autour d'un type, et, lors même qu'ils s'en écartent le plus, ils
n'en perdent jamais tous les caractères, de plus, lorsqu'ils va-
rient, on ne les voit pas se rapprocher d'un autre élément, soit
par la forme, soit par le volume, ou prendre les formes cristal-
lines d'un autre principe.

C'est donc à tort qu'on a cherché à faire une série graduelle
des élémens anatomiques en partant d'un type, la cellule, sorte
de radical, à partir duquel on aurait établi une échelle ascen-
dante graduelle sans transition brusque, dont chaque élément
n'eût été qu'un échelon. En fait, il n'en est point ainsi. Si d'ail-
leurs il y avait un pareil enchaînement dans leur développe-
ment, il y aurait aussi quelque enchaînement dans les pro-
priétés.

Or, ce serait supprimer toute organisation, que de faire dé-
river tous les élémens d'un même type. 11 y a, grâce à la soli-
darité des élémens, certaine homogénéité ; mais l'indépendance
existe, sauf la contiguïté qui fait adhérer les élémens, et puis la
subordination à un ensemble de conditions d'existence, qui ont
un centre commun, — le sang.

C'est M. Serres surtout qui a présenté une échelle des tissus
commençant par le tissu cellulaire et finissant par le tissu ner-
veux. Chacun ayant son rôle dans l'économie animale, chacun
est facteur d'un produit de l'organisation.

Ainsi, nous voyons, en passant du plus composé au plus
simple, le corps de tous les êtres vivans composé d'appareds
chargés de remplir les grandes fonctions de l'économie.

Les appareils sont formés par des organes de différentes na-
tures, jouant chacun leur rôle dans l'appareil qu'ils concourent
à former, et dans le but d'accomplir l'ensemble des actes con-
stituant la fonction.

L'ensemble de toutes les parties analogues entre elles quant
à l'aspect extérieur, à la composition anatomique et aux fonc-
tions, constitue ce que l'on appelle un sjstème d'organes ou
système : système musculaire, nerveux, osseux, cellulaire,
fibreux végétal et animal ; vasculaire, artériel, nerveux, lym-
phatique, médullaire végétal et animal. Il entre, comme on le
voit, dans chaque appareil, des organes appartenant à plusieurs
systèmes différens.

Le nom de tissu a été donné à la substance particulière qui
compose les parties de chaque système. Le nom vient de ce que
beaucoup de tissus sont composés de filamens diversement
réunis et entrecroisés comme pour les fils des étoffes ou tissus.
Il y a des organes qui sont composés par des substances com-
pactes plus ou moins homogènes, comme les os et les cartilages
et non filamenteuses : on leur a conservé le nom de tissu.

Il entre toujours plusieurs tissus dans la composition de
chaque organe, avons-nous dit; mais il y en a un qui prédo-
mine, les autres ne sont qu'accessoires et disparaissent même
quelquefois complètement.

Les muscles, par exemple, sont toujours formés de tissu mus-
culaire, fibreux, cellulaire, etc. Chez certains animaux comme les
insectes ce dernier tissu disparaît. Il y a chez l'homme des
muscles qui n'ont ni tendons ni aponévroses.

Tous les tissus sont formés par des élémens. Ces élémens
anatomiques ont reçu aussi le nom de tissu simple ; expression
qu'avec Ch. Robin nous rejetons. Les élémens ont besoin de
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